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Situé sur la côte ouest du continent africain, le Togo s'étire entre trois pays limitrophes, le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso. Sa superficie totale est de 56 785 kilomètres carrés, soit moins d'un 1/6 de celle de l'Allemagne. Les terres cultivées représentent 28,6 % du territoire national. Le plus grand centre urbain est Lomé avec 1 000 000 d'habitants environ, suivi de Sokodé, Kpalimé, Atakpamé, Bassar, Tsévié, Aného et Kara.

Selon une estimation du gouvernement togolais, le pays compte quelque 4 500 000 habitants répartis entre 42 groupes ethniques et peuples. Outre le français qui joue le rôle de langue officielle et véhiculaire, on y parle pas moins de 40 langues ethniques. Les principaux peuples sont les Éwé (44 %) au sud et les Kabyé (23 %) au nord.

La croissance démographique s'élève approximativement à 2,4 % par an. L'espérance de vie qui a atteint jusqu'à 56 ans, se situe actuellement autour de 49 ans en moyenne ; en hausse rapide, la prévalence du virus du sida est comprise entre 6 et 8 % (sans doute plus). La moitié de la population togolaise a moins de 15 ans. Au plan des religions, les appartenances se répartissent ainsi : 55 % d'animistes, 20 % de catholiques, 15 % de musulmans, 10 % de protestants.

En comparaison avec les autres pays de la région, le Togo est largement doté en richesses agricoles et minières. Il dispose en outre d'une infrastructure bien développée, mais négligée au plan des investissements depuis le courant des années 80, à l'exception de la grand route internationale bitumée qui s'étire sur près de 700 km, de Lomé à la frontière avec le Burkina Faso. Le Togo est classé dans la catégorie des pays les moins avancés (P.M.A.) avec un produit national brut de 114,636 US-$ par habitant (1999).

La colonisation de l'actuel territoire du Togo ne commence au nord qu'à la fin du siècle dernier alors qu'au sud, elle remonte au 15ème siècle lors des premiers contacts avec les négociants européens. En 1884, l'Allemand Gustav Nachtigal, mandaté par le roi de Prusse, passe un traité de protectorat avec les chefs de trois villages du littoral. En 1914, le Togo est conquis par des troupes franco-anglaises et en 1919, sous l'égide de la S.D.N, la partie occidentale est placé sous mandat britannique et la partie orientale sous mandat français. La déclaration d'indépendance le 27 avril 1960 marque la naissance de la République du Togo dans l'ancien Togo français. Cette date est aussi le jour de la fête nationale célébrée chaque année. Le premier président, Sylvanus Olympio, est assassiné lors d'un coup d'Etat en 1963 tandis que son successeur, Nicolas Grunitzky, est renversé à l'issue d'un autre coup d'Etat et remplacé par Etienne Eyadema qui, à ce jour, exerce encore la présidence au Togo. En 1969, il crée le parti unique, le Rassemblement du Peuple Togolais (R.P.T.).

En juin 1991, après 24 années au pouvoir sans discontinuer, le président Eyadema est contraint de réunir une Conférence nationale qui, le mois suivant, élit Premier ministre le dirigeant d'opposition Joseph Koffigoh. Fin 1991, la question non résolue de la place de l'armée dans le nouvel Etat démocratique entraîne une nouvelle intervention militaire entre novembre et décembre. Celle-ci culmine avec la prise d'assaut de la résidence du Premier ministre, lequel est placé en détention préventive. Ces différentes interventions de l'armée n'ont cependant pas abouti à l'instauration d'une dictature militaire, et cela en raison de plusieurs facteurs concomitants : " les protestations de la communauté internationale et des Nations unies (avec suppression de l'aide financière et arrêt des projets) " et la forte politisation de la population engendrant un risque de guerre civile.

Grâce à la conclusion d'un Contrat Social, toutes les forces politiques du pays se mettent d'accord sur une constitution provisoire et un gouvernement de transition. Le pays est secoué par les luttes de pouvoir opposant les nouvelles formations politiques au président soutenu par l'armée. Pas moins de 9 mois durant, de la mi-novembre 1992 à août 1993, le pays est paralysé par une grève générale. En 1993, Eyadema est réélu président.

Lors de la visite au Togo d'une délégation composée de ministres français et allemands, Lomé est le cadre d'affrontements sanglants entre la police et des manifestants, ce qui entraîne un gel immédiat de la Coopération au développement. Seuls les projets profitant directement à la population sont maintenus (4 sur une vingtaine). La France et l'Union européenne agissent de même.

Jusqu'à ce jour, la situation politique demeure fragile. En 1998, à l'issue d'élections jugées " non conformes au cadre légal " par les observateurs de l'Union européenne, le président Eyadéma est " réélu " pour un nouveau mandat de 5 ans. De même, les élections législatives de 1999 ne parviennent pas à sortir le pays de la crise. En effet, seul le parti du président ainsi que quelques formations alliées participent au scrutin. Le parlement est de fait entre les mains d'un parti unique.

En juillet 1999, une médiation internationale réussit à rassembler toutes les formations politiques autour de l'Accord Cadre de Lomé. Les médiateurs (dépêchés par la France et l'Allemagne ainsi que l'Union européenne et la Francophonie) acceptent de se porter garant de l'application de cet accord. Il prévoit des mesures visant à résoudre la crise politique ; celles-ci doivent être élaborées par un Comité Paritaire de Suivi (CPS) au sein duquel tous les partis politiques sont représentés et jouent un rôle actif. Dans ce contexte, le président Eyadéma annonce sa volonté de respecter la constitution et de ne plus se représenter en 2003. Les élections législatives prévues pour mars 2000 ainsi que la dissolution du parlement n'ont pas lieu. La constitution d'une commission électorale indépendante n'aboutit qu'à grand peine cette année-là. Parallèlement, le président Eyadéma est élu pour un an à la tête de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).

Un rapport d'Amnesty International publié en 1999 accuse le gouvernement togolais d'avoir prononcé et exécuté d'innombrables condamnations à mort lors de procédures extrajudiciaires, notamment dans le contexte de l'élection présidentielle de 1998. Une commission d'enquête constituée par l'ONU et l'OUA confirme les affirmations du rapport d'Amnesty en 2000. De plus, le Togo est accusé par l'ONU d'être impliqué dans un commerce d'armes avec l'UNITA, ce que le gouvernement de Lomé nie entièrement. Fin janvier 2001, la commission électorale indépendante fixe la date des élections à octobre 2001. Ce n'est qu'après cette échéance que l'Union européenne et ses pays membres laissent entrevoir la possibilité d'une levée de toutes les restrictions concernant la Coopération au développement.

Le secteur économique le plus important est l'agriculture qui emploie 80 % de la population active. Trois quarts de la valeur de la production est générée par la production de denrées alimentaires. Abstraction faite des variations saisonnières régionales, l'autosuffisance est actuellement assurée. Les produits d'exportation sont le coton, le café, le cacao et le phosphate. Depuis 1980, la part du secteur industriel est en très net recul. La plupart des entreprises se situent dans la périphérie de Lomé qui bénéficie d'une meilleure infrastructure. S'y trouve également le port en eau profonde déclaré port franc, lequel constitue l'une des principales sources de revenus du pays.

Dans les années 70, l'économie togolaise est relativement stable en raison d'une conjoncture favorable sur le marché des matières premières. A la fin de cette période apparaissent des

problèmes économiques toujours plus aigus dus à la chute des cours des matières premières et à une politique gouvernementale erronée au niveau des investissements. Depuis 1983, le Togo coopère avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d'autres bailleurs de fonds pour mettre en œuvre un plan d'ajustement structurel. Depuis 1990, ce processus a été maintes fois interrompu avant d'être entièrement stoppé dans le courant de l'année 1991. En raison de la situation politique intérieure et de la conjoncture maussade sur le marché mondial pour les produits d'exportation togolais, force est de constater que les perspectives d'amélioration de la situation économique ne sont guère favorables.

04/2001




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