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SANS COULEUR NI FRONTIÈRES par Ali Akondoh (Un poète togolais)
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Des charters de la honte au-dessus de nos têtes
Ont sifflé et sifflent encore leurs sinistres cargaisons.
Ils ont déjà dans leur ventre de zinc
Avalé nos frères de Cingathe, de Horst ou de Klostermarkt.
Et pour les naufragés des côtes italiennes,
Lampedusa n´en finit pas d´étaler ses linceuls.
Combien sont-ils, ces engloutis qui rêvaient d´un eden ?
Nul ne saura jamais le dire
Car c´est désormais un voyage sans retour sur le continent des Névrosés.
Ici, il n´y a plus de place.
Il n´y a plus de place pour les persécutés politiques
Il n´y a plus de place pour les évadés des geôles africaines ou d´ailleurs
Plus de place pour les rescapés de génocides
Ni pour les traumatisés de guerres fratricides.
Pas même une offre d´asile
Pour nos frères désespérés du Darfour au Soudan.
Les gouvernants européens n´ont que des mots à la bouche
Mais pas de véritables actes de cœur.
Tels du bétail pestiféré, les refusés d´Europe
Sont livrés là-bas aux abattoirs infestés de vautours ;
Et le silence imposé à leurs bouches bouchées de torchons
Parle plus fort que notre sort de réfugiés humiliés.
Les maîtres blancs des tribunaux en ont assez
Ils en ont assez des visages fantômatiques brûlés par le napalm
Ils en ont assez de nos singeries de réfugiés non aryens
Ils en ont vraiment marre
Marre de nos gueules
De Noirs, d´Albanais, de Kosovars, d´Iraniens ou d´Irakiens…
Nous ne sommes plus que des cadavres en sursis
Exposés à la folie de leurs hommes aux crânes rasés.
De Berlin à Paris en passant par Bruxelles
De Londres à Rome via Amsterdam
C´est la même croisade contre les étiquetés " sans papiers "
Comme si ces papiers servaient de passeports incontournables
Pour un rendez-vous pris avec le Seigneur.
Nous n´avons pas quant à nous oublié, non.
Nous n´avons pas oublié le sang de noir versé par nos arrières parents
Sur les champs de bataille en Normandie
Ou sur les terres marécageuses en Indochine.
Contre nous, le bienfait d´hier se paie aujourd´hui en monnaie de singe.
Les plaies béantes dans nos cœurs de pauvres Noirs
Ne sont donc pas près de cicatriser de si tôt !
Alors, de grâce !
Qu´on nous laisse vivre tranquilles partout
Sur notre village planétaire que nous voudrions
Sans haine ni guerre
Sans couleur ni frontières.
Bremen ( Allemagne ), le 23 Septembre 2004.
Akondoh Ali
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| Citations |
Etre libre, ce n'est pas seulement
se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce
la liberté des autres. « Nelson Mandela
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| Proverbes |
Les petits ruiseaux font les grandes rivières
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