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Les politiciens togolais : Le Sens de l'humilité

M. Ali TchassantiLe drame qui s'est déroulé le samedi 20 novembre 2004 à Lomé est un signe fort qui doit interpeller le gouvernement, les partis de l'opposition démocratique, la société civile en bref tous les acteurs de la vie politique de notre pays quand on sait que les centaines de milliers de Togolais qui ont répondu à l'appel des organisateurs de la marche macabre n'étaient pas tous de la sensibilité présidentielle.

Sans toute fois tenter de spéculer sur le nombre de victimes qui étaient tombées ce 20 Novembre et en reconnaissant que chaque victime de cette tragédie est une perte pour la nation togolaise, nous présentons avant tout nos sincères condoléances tout en compatissant avec les familles éplorées.
Pour mieux comprendre les origines de ce drame, nous tenterons de situer les responsabilités en accusant d'abord les organisateurs qui, en cherchant les bonnes Grâces de leur patron ont tenté de manipuler une information de l'union Européenne tout en jouant sur la misère et la crédulité du citoyen qui, désorienté et essoufflé par une crise au dénouement incertain, est prêt à accepter tout ce qu'on lui propose.

Le sang versé par nos concitoyens loin de devenir une récupération politique, doit servir de tremplin ou de leçon pour une nouvelle prise de conscience car s'il est facile de s'asseoir devant son ordinateur à 6000 Km du Togo en accusant les victimes de vouloir le gain facile, oubliant que la misère dans laquelle végètent nos paisibles populations et qui est en partie due à la gestion chaotique du régime en place et à l'embargo imposé au Togo par l'Union Européenne depuis plus de dix ans , sans parler de la grève générale illimitée qui a appauvri plusieurs petits commerçants et essoufflé un grand nombre de cadres qui ont perdu leur emploi pour s'être engagés en faveur de la démocratie.

Si pendant longtemps les Togolais ont lié le départ d' Eyadema avant toutes velléités de démocratisation, aujourd'hui face aux multiples échecs causés par une absence de stratégie commune et de volonté politique ; jalonnés par des victoires non défendues et des coups bas répétés,le tout exacerbé par le tribalisme qui a toujours gangrené la société togolaise, et qui a toujours fait l'apanage de nos leaders politiques lorsqu'ils sont amenés à faire le choix d'un candidat unique ; notamment en 1993 et en 2003, nous devons compte tenu des expériences passées adopter l'option d'un gouvernement d'union nationale reprenant toutes les sensibilités représentatives pour sortir le Togo de sa stagnation actuelle.

Avant toute chose, nous disons que le temps des injures ,de l'exclusion et de l'intimidation est révolu et qu'il faille penser aux sacrifices consentis par le peuple depuis quatorze ans partant de là, accepter de faire table rase des erreurs passées en surpassant les orgueils et les divergences politiciennes pour adopter un nouveau code de conduite capable de permettre à tous les acteurs de la vie politique de reprendre le dialogue dans les plus brefs délais pour que les élections locales et législatives s'organisent donnant l'occasion à tous les partis politiques d'être représentés dans les collectivités locales et surtout de rejoindre l'assemblée nationale pour qu'enfin l'on puisse débattre des vrais problèmes économiques et sociaux qui sont par ailleurs les causes lointaines de la tragédie du 20 novembre 2004.

Mais si les responsables de certains partis politiques continuent par penser qu'une démocratie avec Eyadema est un leurre, alors même que ce dernier est encore au pouvoir et soutenu par une armée acquise à sa cause, les élections législatives et locales auront bien lieu et ce peuple sur lequel chacun s'appuie pour fonder sa crédibilité pourrait, devant une stagnation sans issue, déboussolé et essoufflé par cette misère qui a tendance à devenir le quotidien de l'homme de la rue, être amené à donner sa caution au R P T , au P D R et à la C P P ; ouvrant la voie de la primature à Edem Kodjo et la présidence de l'assemblée nationale à Faure Gnassingbé sans oublier les sept ministères qu'auront la CPP et le PDR.
Prise de cour, l'Union Européenne ne fera que constater les dégâts puisqu´ Eyadema justifiera que le gouvernement est dirigé par l'opposition.

Bonsoir

Pour infos-togo.
Ali Tchassanti



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Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

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