Menu
 Accueil
 Actualités
 Diaspora
 Editorial
 Contact


Célébrité du Mois

Thomas Sankara






 
Entretien entre Dossouvi Hilaire Logo acteur du mouvement du 05 Octobre 1990 Et Diastode Belgique

La rage de vaincre d'un opposant togolais

Il représente l'un des symboles de la lutte pour la démocratisation de la vie politique au Togo. Le procès de ce journaliste et de ses camarades de lutte, a été il y a quatorze ans à la base de la dénonciation inespérée du régime RPT. Poussé depuis lors vers l'exil, Dossouvi Hilaire Logo, était récemment l'invité de la Diastode -Belgique à l'occasion de la commémoration de la mémorable date du 5 Octobre. L'opposant togolais, a accepté répondre à nos questions.


" Il faudrait qu'on se retrouve au Togo pour mettre en pratique ce que l'exil nous a appris "

Hilaire Dossouvi Logo, vous êtes un opposant en exil. Il y a près de quinze ans, vous étiez de ceux qui avaient été à la base de la contestation face au régime RPT. Qu'est - ce que vous êtes devenu ?

D.H.L : Il y a un moment que je vis au Canada dans le Nouveau Brunswick. Les deux dernières années, j'ai étudié la communication radiophonique sanctionnée par un diplôme. Aujourd'hui, je suis journaliste à Radio CKUM de l'Université de Moncton dans la partie Sud- Est du Canada, et la vie continue. Au niveau de mes activités politiques, je suis le conseiller à la Planification stratégique du Mouvement Patriotique du 5 Octobre (MO5).

Pour ceux qui n'en savent pas trop, que représente la date du 5 Octobre dans l'histoire politique du Togo, votre pays ?

D.H.L : La date du 5 Octobre 1990, reste très capitale dans l'histoire politique du Togo. Elle a été le détonateur de notre processus démocratique. Comme l'a dit le médecin antillais Frantz Fanon, la jeunesse de tout pays, a deux missions. Elle a l'obligation de la réussir ou de la trahir. Ayant fait le choix de nous battre aux côtés de notre peuple, cette date symbolise pour nous, la prise de conscience de tout un peuple. Voilà pourquoi, les uns et les autres sont plus que jamais exhortés à la gérer à bon escient afin que le Togo soit un vrai pays démocratique.

Justement, c'est grâce à la tenacité de la jeunesse togolaise que les tares du pouvoir Eyadèma, furent exposées sur la place publique. Après tant d 'années de lutte, le peuple togolais est toujours à la recherche de sa liberté

D.H.L : La liberté est un trésor. Le dictateur Eyadèma gérant sans partage le pouvoir politique, il revient au peuple de le lui arracher. Cette liberté ne se donne pas, elle ne se négocie non plus, elle s'arrache. Au regard de cette constance, il revient aux tenants de l'opposition, d'élaborer les stratégies les plus efficientes pour accéder au pouvoir et l'exercer afin de mettre en pratique leurs projets de société.

Quel bilan, pouvez-nous faire aujourd'hui des actions menées jusqu'ici par les partis politiques qui ont par la suite pris le relais après la contestation déclenchée par la jeunesse ?

D.H.L : Le bilan est bon, très bon. Les partis politiques se décarcassent. L'horreur aura été de se taire comme avant, de se résigner pour subir le sort du parti unique au regard des prescriptions contenues dans le Livre vert. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. En regardant dans le panorama politique, on y trouve beaucoup de partis politiques, des organisations de jeunes qui sont en exil, mais qui dénoncent les malversations et les combines du pouvoir en place. Je fais allusion aux dernières révélations faites par le MO5 autour des magouilles à la Brasserie du Bénin à Agoué- Nyivé.
Pour parler de bilan, je dis comme toute l'Afrique, le Togo ne s'est jamais aussi bien porté.C'est vrai que bon nombre de gens ne mangent pas à leur faim et n'ont pas droit aux soins médicaux. C'est aussi vrai qu'il y a des morts pour des raisons connues et inconnues. Mais si c'est le prix à payer pour que nous accédions aux libertés, je dis que le Togo se porte bien.

Pour ceux qui soutiennent la dictature togolaise, ils affirment que Gnassingbé Eyadèma se tient toujours droit dans ses bottes après tant d'années aux affaires et ceci face à une opposition caractérisée par l'incompréhension, la désunion et les coups bas.
Connaissant votre engagement dans le combat politique, qu'est-ce qui selon vous, empêche l'opposition togolaise de réussir dans son action pour le changement tant souhaité par le peuple ?


D.H.L : Je dis qu'il faut d'abord catégoriser l'opposition. A mon humble avis, il existe une opposition vraie et une autre qui n'existe qu'à travers les discours. Comment peut- on comprendre les actes de certains leaders qui se réclament de l'opposition et que l'on voit dans la délégation du pouvoir RPT, comme ce fut le cas tout récemment à Bruxelles devant l'UE ? En écoutant et en analysant leurs démarches, on ne peut pas les classer parmi ceux qui cherchent le bonheur du peuple.
Ceci dit, j'exhorte toute la jeunesse togolaise à la clairvoyance afin de distinguer la vraie graine de l'ivraie. La- bas sur le terrain, il y a des partis politiques sincères qui ont des projets de société dignes de ce nom et qui parlent un discours franc .Pour cela, il faut que la jeunesse togolaise écarquille bien les yeux pour distinguer les bonnes graines.

Le combat pour faire rompre la dictature se fait autant de l'intérieur que de l'extérieur. Que peut donc espérer le peuple des actions que mène la diaspora ?

D.H.L : Installée il n'y a pas longtemps, la diaspora togolaise est bien structurée au Canada, en Belgique et ailleurs. Ses membres sont des nationalistes qui ont une idée assez claire de ce qu'ils font pour évincer le pouvoir dictatorial. Nous sommes bien entendu à nos débuts balbutiants, seulement les problèmes se posent en termes de moyens. Mais en faisant recours à l'histoire, on y trouve naturellement des exemples. Je fais allusion au congrès mondial juif, ( je donne cet exemple à titre de mobilisation), au congrès mondial acadien et à d'autres diasporas qui ont libéré leurs pays. Notre clairvoyance, nous recommande de suivre les pas de ces diasporas pour apporter notre pierre à l'édification d'un Togo libre et démocratique.

Comment peut-on définir le Mouvement Patriotique du 5 Octobre auquel vous appartenez ? Est-ce un parti politique ou un groupe de pression ?

D. H. L : Notre mouvement n'est pas un parti politique. Un groupe de pression, peut -être oui ; mais un mouvement qui se veut mobilisateur des jeunes qui veulent participer à la libération de leur pays, pris en étau par l'une des plus féroces dictatures sur le continent africain. Le MO5 sait ce qu'il veut et où il va. Le moment venu, chacun verra nos résultats.

Apparemment la majorité des membres de votre mouvement se trouve à l'étranger alors que la lutte se déroule là-bas au Togo

D.H.L : Notre base se trouve sur le terrain et inutile de vous révéler nos stratégies. Nous sommes quotidiennement au courant de tout ce que fait le général- dictateur. Pour donc répondre à votre question, je vous dirai tout simplement que l'exil, l'espace et le temps, ne sont pas obstacle à nos actions. Nous sommes au courant des combines et des pratiques du pouvoir qui affament notre peuple, et on saura y mettre fin.

Bien dit, vous êtes journaliste de formation, avec un regard de connaisseur, quelle appréciation faites-vous aujourd'hui de la presse togolaise ?

D.H.L : La presse togolaise, elle est bagarreuse, en même temps, c'est une presse de combat. Toutefois, cette presse comporte en son sein des lâches, des gens que tous nous connaissons. Il suffit de lire les analyses que les uns et les autres font pour s'en rendre compte. Plutôt que de s'évertuer à informer et à former l'opinion, certains journalistes au lieu de partir à la chasse des informations pour éclairer le peuple, font malheureusement la chasse aux magots, et ils en reçoivent régulièrement de la part de la dictature. Pour preuve, les inepties que comporte la revue de la presse togolaise du 4 au 10 0ctobre 2004.Cela ne nous décourage pas, disons que c'est dans le processus normal des choses. Ceci dit, nous nous battrons et irons jusqu'au bout.

Un mois après l'adoption d'une nouvelle loi sur l'information dépénalisant les délits de presse, un journaliste est menacé de mort pour avoir publié un appel de votre mouvement à l'adresse du peuple togolais. Doit-on dire que la presse est de nouveau menacée au Togo ?

D.H.L : La presse est constamment menacée au Togo. Je vous rappelle qu'un dictateur ne devient pas du jour au lendemain démocrate. Ce code de presse que tout le monde apprécie, Eyadèma ne le respectera pas à la pratique. C'est de l'affabulation, de la poudre aux yeux à la communauté internationale, en ce moment où le dictateur est harcelé de toute part par l'Union européenne à cause du déficit démocratique de son régime.

Abordons l'actualité à propos de la situation socio- politique au Togo. Pendant quinze ans, tout a été essayé pour une véritable mutation politique dans votre pays. Selon vous, qu'est-ce que le peuple peut espérer des 22engagements récemment pris à Bruxelles par le pouvoir RPT en vue du renforcement de la démocratie togolaise ?

D.H.L : A notre avis, le changement doit venir de l'intérieur, à partir de la détermination des différentes couches sociales. C'est pour cela que de la tribune de la Diastode-Belgique, nous avons crié tout haut qu'il faut qu'on se mobilise un front de refus à l'intérieur du Togo. Le temps est venu pour tout le peuple de ne plus répondre aux injonctions venant d'un pouvoir illégitime, celui qu'incarne le dictateur Eyadèma.

Restons dans la sous -région ouest africaine pour évoquer le drame qui se joue en Côte d'Ivoire. Qu'en dites- vous ?

D.H.L : Cela est dans le processus normal des choses. La France a connu ses différences et ses guerres, je fais allusion à la Révolution. L'Amérique à un siècle donné a connu la Guerre de sécession. Aujourd'hui, l'Afrique connaît ses guerres, lorsqu'elle en sortirait, c'est fini, elle sera renforcée à tout jamais. Nous allons passer toutes ces étapes. Mais n'oublions pas le rôle néfaste que joue la France conservatrice dans la déstabilisation de notre continent. Il nous appartient donc d'être vigilants et de transcender les astuces de l'ancienne puissance colonisatrice.

D'Agbozoumé au Ghana en passant par le Bénin et le Burkina et aujourd'hui le Canada, l'exil est éprouvant et formateur. Qu'est-ce que vous en avez tiré ?

D.H.L : J'expérimente la démocratie à différents niveaux. Tôt ou tard, il faudrait qu'on se retrouve au Togo, pour mettre en pratique ce que l'exil nous a appris. La fleur est au bout de la volonté. Et je crois que ce jour n'est plus loin ; ce n'est qu'une question de temps.

Propos recueillis par Guy Kodjo et Rémy Fred Akouété


Histoire drole
femme au foyer

Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela «

Proverbes
Les petits ruiseaux font les grandes rivières

Sponsors

 
Divers

Tous droits reservés © infostogo 2004