Reportage sur la fête des Tem Cotocoli en Allemagne
Venus d'Italie, de la Hollande, de la Belgique, de la Suisse, de la France, des Etats-Unis d'Amérique et de différents coins de l'Allemagne, environ 700 togolais essentiellement originaires de la région centrale se sont retrouvés le Samedi 14 Mai 2005 à Nuremberg pour célébrer les fêtes traditionnelles de Gadaou et Adossa
Arborés de costumes du terroir, ils sont venus chanter et danser pour se rappeler de leurs origines et de leur culture.
C'est aussi pour eux l'occasion d'affirmer leur identité qui pourrait être menacée tant pour la progéniture née en Europe n'a pas l'occasion de se retrouver au pays pour de telles festivités.
Des bijoux en or, des colliers en émeraude, en Agate et en Malachite en passant par les pagnes et chemises traditionnelles minutieusement tissés par les fameux et célèbres tisserands du village de Kpassouade ; tout était réunis pour que la rencontre de Nuremberg soit un évènement de taille quand on sait que c'est l'occasion de découvrir la beauté originelle de la femme cotocoli réconciliée avec elle-même et ses traditions.
Des séquences de Takai, Goumbé , Adossa, Gorrogorro sans oublier Sympa, Kosso et Douroumi, tous les ingrédients étaient réunis pour que les organisateurs et les spectateurs s'en régalent.
Tous les invités sont séparés en espérant se retrouver l'année prochaine à Nuremberg
Dans la soirée, un bal populaire a été organisé à la suite duquel, les associations organisatrices des festivités ont eu à présenter au public présent les projets réalisés en 2004 sans passer sous silence les perspectives d'avenir pour lesquelles un soutien de tout le monde s'avère nécessaire.
Notons que les invités se sont séparés à l'aube du dimanche 17 Mai 2005.
Rappelons que dans la journée, des discours ou du moins des explications ont été faites pour mieux comprendre la fête d'adossa et de Gadaou.
Ainsi dans son discours d'ouverture des cérémonies, Le Secrétaire Général de l'action pour le développement de tchaoudjo (A D T Humanity ) Mr Medjessiribi Bossi a tenu à remercier le public qui a bravé le temps et les occupations et parcourir des centaines de kilomètres pour se retrouver en famille et se souvenir de ce que chacun a hérité de ses ancêtres
Il a profité de son temps de parole pour faire un rappel historique de ces évènements qui ont réuni tout le monde à Nuremberg et a souhaité une solidarité accrue pour aider au développement de Tchaoudjo.
Son discours a été suivi par ceux du porte parole de la délégation Italienne Mr Fofana Alfa, du Délégué de Muretscha qui
a fait l'historique de la fête de Gadaou et du délégué de Tchaoudjo renaissance qui s'est attelé à 'apporter de la
lumière sur l'origine de la fête d' adossa.
Voici l'intégralité des discours
Honorables invités,
Chers camarades,
Mesdames et Messieurs
L'honneur me revient de prendre la parole au nom de l'association Humanitaire ADT (Action pour le dévéloppement de Tchaoudjo ) pour vous souhaiter la cordiale bienvenue ici à Nürnberg et partager avec vous les délice de la fête culturelle Adossa-Gadaou 2005.
Tous les membres de ADTe.V. vous prient de vous sentir ici à Nürnberg comme chez vous.
Mais, nous ne pouvons pas ouvrir ces cérémonies sans nous souvenir de nos compatriotes morts pour que la démocratie s'installe dans notre pays ; et c'est à ce titre que je vous prie de vous lever pour une UNE MINUTE de Silence.
La dénomination Adossa-Gadao est l'expression commune pour désigner deux grandes fêtes des Tem à savoir Gadao ou fête de Moisson pour les Tem Mola et Adossa ou fête religieuse musulmane pour la communauté de Didaouré fortement islamisée.
Pour une compréhension de l'histoire de cette fête, il convient de nous référer un peu à l'évolution du peuplement des Tem et à leur son histoire.
Cette troisième édition appelée Adossa-Gadaou Internationale pour la Diaspora tem sera marquée par les danses culturelles, les grandes retrouvailles et les réflexions sur l'amélioration des conditions de vie de la population de Tchaoudjo.
Ainsi, par votre Générosité et votre souci de solidarité, nous sortirons de cette rencontre avec une parfaite identification.
Camarades ressortissants de Tchaoudjo venant de l'Italie, de la Suisse de la Belgique,de la Holande,de la France, des Etats Unis d'Amérique et de l'Allemagne, Je ne vous demande pas de vous lever pour qu'on vous ovationne, le risque encouru est très grand ;je voudrais vous dire que Tchaoudjo attend de nous des gestes de Solidarités pour son développement.
C'est sur cet appel que nous voudrions remercier tous les membres des associations humanitaires,de Tchaoudjo Renaissance ,de Muretsa, de ADT,de FIPAT,du groupe lanadi et tous les invités qui ont bien voulu être à nos côtés ou qui nous ont envoyés leurs messages chaleureux.
Veuillez accepter volontiers les excuses du comité d'organisation pour les manquements que vous auriez remarqués; puisque c'est cela aussi la fête.
Au nom de l'association humanitaire ADT et à mon nom Personnel je déclare ouverte la fête culturelle Adossa-Gadaou édition
2005 et je souhaite un plein succès à cette fête.
Vive Tchaoudjo ;
Vive Adossa-Gadaou Internationale
Je vous remercie.
Nürnberg ,14.05.2005
Medjessiribi Bossi A D T Humanity
ORIGINE DE LA FETE GADAO
La fête Gadao tire son origine dans le terroir Tem. En effet GADAO est le nom du premier ancêtre Mola qui a vécu à Tabalo situé aujourd'hui à l'ouest de la ville de Sokodé à environ 40 km. C'est de là que partirent ces fils pour fonder la confédération de sept chefferies qui ont formé le royaume de Tchaoudjo. Il s'agit de Kpangalam, Tchavadi, Kparatao, Kadambara, Komah, Birini, Yelivo et plu tard la 8ème chefferie Dibidè qui a rejoint tout récemment les sept premiers sous le règne de OURO Issifou.
L'ancêtre Gadao est resté vénéré par tous les Mola parce que sa disparition fut mystérieuse. On raconte qu'un jour sentant venir sa mort, il réunit ses fils pour leur parler de l'après son règne. C'est alors qu'au fur et à mesure qu'il parlait,
Il disparaissait mystérieusement en s'enfonçant dans le sol devant ses fils impuissants qui ne purent sauvegarder que son chéchia rouge qu'ils ont appelé Modjolobo et conservé par son premier fils OURO Dam qui a créé la chefferie de Kpangalam. Gadao a laissé un étang d'eau qui suinte jusqu'à ce jour à l'endroit où il s'est effondré. C'est cette eau appelée " Kowouro - lim " c'est-à-dire "l'eau royale " qu'on asperge sur la tête des nouveaux chefs Mola pour qu'ils bénéficient de la protection de leurs ancêtre
Dès lors le nom Gadao est devenu un mythe qui est célébré comme une fête. Chaque année après les récoltes les gens y vont pour remercier l'ancêtre Gadao qui a permis de bien se porter et de bénéficier de bonnes récoltes l'année écoulée avec espoir d'en avoir mieux l'année prochaine. Voilà contée l'histoire de la fête Gadao.
Mr Safiou de Muretsha ( Munich )
Histoire de la fête Adossa
Adossa est la danse du couteau exécutée par les clans Traoré, Touré, Mendè, Cissé, Fofana qui peuplent Didaouré. Elle se déroule au cours du 3ème mois de l'année lunaire islamique. Cette fête correspond au 11ème jour de la lune au lendemain de la fête Maouloud, anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. (Paix et Bénédiction de Dieu soit sur lui)
L'histoire religieuse révèle que le dernier des prophètes Mahomet (Paix et Bénédiction de Dieu soit sur lui) allait naître Israélien ou Juif. Mais au grand étonnement de ceux-ci il naquit Arabe. Une grande jalousie s'installa alors dans leur rang vis-à-vis des Arabes Musulmans.
Ces derniers pour protester, ont manifesté de diverses manières pour montrer leur colère et leur bravoure et prets pour le combat, par la danse avec des sabres, le feu, la parade des chevaux etc.
C'est ainsi que les musulmans du monde entier ont choisi de manifester différemment la naissance du prophète Mahomet. A Sokodé ils ont choisi la danse du couteau appelé Adossa.
Il s'agit de montrer qu'on est invulnérable au couteau en se taillant toutes les parties du corps. La danse s'exécute après avoir pris une potion magique bien entendu faite d'écriture des versets du coran ou des feuilles d'arbre spécifique. Elle commence à 15 heures et finit au crépuscule. Elle est interdite au-delà de cette période de peur de se couper avec le couteau. La fête Adossa est liée à la danse Kosso. C'est une danse des femmes qui se mettent dans leurs plus beaux pagnes pour soutenir le courage et la bravoure des hommes.
C'est ainsi brièvement décrits les fêtes Gadao et Adossa aujourd'hui célébrées en une fête pour marquer l'unicité du peuple Tem.
Alassani de Tchaoudjo renaissance ( Hambourg )
Un reportage des envoyés spéciaux d'infos-Togo à Nuremberg
Ali Tchassanti
Ouro-Sama chariffou
Korodowou badassawè
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