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CDPA-BT : CONSEIL INTERMEDIAIRE DU 11 JUIN 2005 Résolution de politique générale

Le BEN de la CDPA-BT, élargi aux secrétaires de sections du parti, s'est réuni en Conseil intermédiaire ce 11 juin 2005 pour faire le point de l'évolution de la situation politique du pays depuis le 5 février 2005 date de la mort d'Eyadema, jusqu'à la formation du Gouvernement Kodjo.

I- Après analyse du contexte politique des élections du 24 avril 2005, le Conseil intermédiaire

  • Constate qu'ayant échoué dans leurs tentatives d'imposer par la force Faure Gnassingbe en succession de son père, les chefs de l'armée et les dirigeants du RPT y sont parvenus à travers la fraude électorale accompagnée de violences et de tueries préméditées
  • Déplore cette répression gratuite dont le seul but est une démonstration de force pour terroriser la population afin qu'elle se tienne tranquille et se résigne à accepter l'inacceptable.
  • Estime que placer ainsi Faure Gnassingbé à la tête de l'Etat en dépit de la volonté populaire traduit la détermination des chefs de l'armée et des dirigeants du RPT de maintenir et de perpétuer le régime de dictature militaire dans le pays
  • Affirme que le gouvernement d'union nationale préconisé comme solution à la " crise " togolaise n'est qu'une couverture sous laquelle le régime de dictature militaire continuera d'opérer en toute impunité comme par le passé
  • Déclare qu'en conséquence, le problème politique soulevé par l'insurrection populaire d'octobre 1990 n'est pas résolu, et est encore loin de l'être.

    II- Après analyse du nouveau contour de l'opposition togolaise, le Conseil intermédiaire

  • Constate avec plaisir que le tableau de l'opposition s'est largement clarifié depuis que la CPP (Convergence Patriotique Panafricaine) et le PDR (Parti Démocratique pour le Renouveau) ont pris définitivement fait et cause pour Eyadema et le RPT le 14 avril 2004, et n'ont pas cessé, depuis cette date, de soutenir ouvertement les positions du régime contre l'opposition démocratique. Le peuple togolais est plus en mesure maintenant de savoir qui est qui parmi ces partis que l'on a toujours globalisés à tort sous le nom de " l'Opposition "
  • Prend acte de la formation de la " Coalition des six partis " et se félicite de n'en être pas membre
  • Regrette que les six partis constituant cette " Coalition " s'estiment être désormais les seuls " vrais partis de l'opposition ", et par conséquent les seuls autorisés à parler au nom de l'opposition démocratique
  • S'inquiète de l'orientation que la dite " Coalition " continue d'imprimer de plus en plus à la lutte ouvertement engagée le 5 octobre 1990, une orientation allant sans cesse dans le sens d'un partage du pouvoir avec le régime de dictature militaire
  • Réaffirme que la politique d'opposition dominante conduite depuis la fin de la Conférence nationale, en s'écartant sans cesse des aspirations de la masse de la population, est incapable d'atteindre l'objectif de la fin du régime de dictature, et ne peut conduire qu'à cette orientation désastreuse pour la démocratie.

    III- Après analyse de la répression sanglante qui a accompagné les prétendues élections du 24 avril 2005,

  • Considérant que le problème politique auquel le pays est confronté depuis plus de 15 ans n'a toujours pas trouvé sa solution
  • Considérant que la politique d'opposition dominante a fait faillite et se traduit sans cesse par un coût humain de plus en plus élevé
  • Considérant que la " Coalition " des six partis opère de plus en plus ouvertement en termes de partage du pouvoir, et donc en termes de collaboration avec le régime de dictature,
  • Convaincu par ailleurs que ce régime n'entend ni démocratiser, ni partager le pouvoir avec qui que ce soit

    1. Le Conseil intermédiaire

  • Rappelle que le problème politique togolais ne se pose pas en termes de partage du pouvoir entre quelques chefs de partis d'opposition et le régime de dictature, mais en termes d'une lutte à mener avec cohérence pour mettre fin à ce régime de manière à permettre l'instauration la démocratie dans le pays
  • Déclare qu'aucun parti, ni groupe de partis, ne peut prétendre avoir un monopole sur l'opposition démocratique, surtout en un moment où il importe plus que jamais de taire les ambitions personnelles et de rassembler, sans distinction de parti, toute la masse de ceux qui ont depuis longtemps proclamé leur ras-le-bol contre le régime d'oppression.
    2. Le Conseil intermédiaire

  • Réaffirme que la politique d'opposition dominante a définitivement fait faillite, et qu'il est dangereux pour le pays de poursuivre la fuite en avant dans cette politique derrière l'écran trompeur des " fronts " et " coalitions " de circonstance
  • Considère toujours que l'émergence d'une force alternative d'opposition regroupant, sans distinction de partis, tous ceux qui aspirent à la fin du régime de dictature militaire est le seul moyen de renverser le rapport des forces en faveur de l'opposition.
    3. Le Conseil intermédiaire

  • Demande aux Togolais de ne pas se laisser aller au découragement et à la rancoeur face aux désastreuses conséquences de la mascarade électorale du 24 avril, et face aux incohérences de la politique d'opposition dominante;
  • Rappelle que la lutte pour la démocratie a toujours été une longue lutte dans tous les pays, et que l'oppression se nourrit du silence et de l'inaction
  • Recommande à toutes les sections du parti et aux sympathisants de la CDPA-BT de poursuivre plus activement la construction du Mouvement de la Force Alternative d'Opposition, pour la plus large adhésion possible à ce mouvement
  • Appelle tous ceux qui ont reconnu l'échec de la politique d'opposition dominante de sortir de l'attentisme pour contribuer à cette construction du Mouvement de la Force Alternative d'Opposition.


Fait à Lomé le 11 Juin 2005

Le Conseil intermédiaire
Pour toutes remarques, suggestions ou contribution, s'adresser à:
CDPA-BT, B.P. 13963, Lomé Togo

E-Mails à: cdpa-bt@cdpa-bt.org ou cdpa-bt-ev@web.de
Site internet : www.cdpa-btrg




Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

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