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Les Services des Renseignements du TOGO: Une Institution Républicaine? Une Police politique? Ou une pègre mafieuse?

Par Komdedzi Kofi FOLIKPO

 

Introduction

Le scandale de vol de voitures de location appartenant à la société multinationale Hertz, scandale qui a amené en septembre 2005 la Police Criminelle de Paris à l’arrestation de monsieur Bantendeou (collaborateur éminent de la Présidence de la République Togolaise ) et à une perquisition systématique de la résidence de la République Togolaise à Paris, constitue à juste titre la sonnette d’alarme sur de graves dérives criminelles et mafieuses avec lesquelles les Services de Renseignements du TOGO se sont accommodés pendant des années sous la bénédiction du défunt Bourreau de Pya.

Beaucoup d’observateurs avertis de la vie socio-politique et économique du TOGO ont estimé que ce scandale qui vient d’éclabousser des proches et intimes de l’apprenti dictateur Faure Essozinma GNASSINGBE constitue en réalité la partie visible de l’iceberg ou l’arbre qui cache la forêt dans le système mafieux du RPT et de la Françafrique. Ils estiment à cet effet que des initiatives courageuses doivent être prises à temps en vue de sauver la réputation de Institution noble et importante que constituent les Services de Renseignements.

S’il est vrai que les règles strictes et hermétiques ainsi que l’opacité nécessaire entourant les activités des Services de Renseignements ne facilitent pas leur parfaite surveillance quasi-quotidienne par des contre-pouvoirs efficaces dans la vie de toute Nation, il ne demeure pas moins vrai que l’Institution des Services de Renseignements relève de l’autorité de l’Etat et est placé sous le contrôle direct de la Présidence de la République qui doit incessamment veiller à son efficacité et à sa bonne réputation.

Il est donc clair qu’un gouvernement (fût-il togolais!) qui pourrait prétendre n’être pas informé sur les activités criminelles et égoïstes d’une poignée d’individus sans patriotisme contre la bonne renommée de l’Etat (!) dispose soit des Services de Renseignements inefficaces et laxistes ou soit délivre simplement un chèque en blanc à ces Services de Renseignements pour perpétrer la criminalité organisée en toute impunité et à des fins égoïstes. Cette deuxième option (qui est vraisemblablement celle du cas togolais) constitue sans aucun doute un grave abus hautement répréhensible.

Avant de procéder à une analyse impartiale des dérives des Services de Renseignements Togolais dans le présent article, il importe de situer le rôle noble et capital de l’Institution d’Etat que sont les Services de Renseignements.

  • De la Nécessité et de la Raison d’Être des Services de Renseignements dans tout pays démocratique et dans toute Organisation humaine.

Beaucoup de Citoyennes et Citoyens ont souvent (à tort ou à raison) une image négative des Services de Renseignements en mettant en avance les dérives des pays anti-démocratiques. Les exemples de la GESTAPO et du Sicherheitsdienst de l’Allemagne nazie ou du KGB du fascisme soviétique confirment sans aucun doute ce mauvais aloi et cette méfiance généralisée.

Mais ces Citoyennes et Citoyens perdent souvent de vue le fait selon lequel l’Information utile au moment opportunpermet à tout Acteur politique, économique, clérical, militaire ou autre de prendre la bonne décision au bon moment et de poser l’acte approprié au moment opportun.

Il va sans dire que cette dichotomie entre l’Information utile et l’Acte décisionnel approprié reflète les besoins vitaux de toute société humaine sans lesquels celle-ci est menacée de mise sous tutelle extérieure, d’extinction ou d’implosion dues à des anarchies internes.

Il serait donc illusoire de penser qu’un pays (fût-il notre modeste TOGO) pourrait exister et survivre sans Services de Renseignements susceptibles de satisfaire son besoin de Sécurité Collective et d’anticipation des événements.

  • Le besoin de Sécurité Collective.

Les activités d’espionnage et de contre-espionnage se situent dans la saine logique humaine qui confère à toute société humaine le droit et le devoir d’œuvrer pour sa survie en annihilant ou en prévenant toute action susceptible de porter une atteinte et un préjudice à l’intégrité de la communauté. Il va sans dire que dans le contexte politique, l’appareil d’Etat en sa qualité de titulaire et garant de la Souveraineté Populaire se voit conférer le droit exceptionnel de recourir à des méthodes et moyens exceptionnels en vue d’assumer cette survie collective. Que ce droit exceptionnel s’appelle «ultima ratio», «raison d’Etat» ou «réalisme machiavélien», il a le mérite de proposer une voie salutaire à toute communauté nationale pour garantir sa survie collective légitime.

Il parait donc clair que l’espionnage qui est la recherche d’informations sur la vie des personnes, de groupes de personnes ou de communautés susceptibles de menacer la Sécurité collective ou les intérêts nationaux constitue un ensemble d’activités légitimes sans lesquelles la vie de l’Etat et de toute la communauté nationale est mise en péril. Il en est de même du traitement et l’utilisation pratique de ces informations pour garantir la Survie collective . Les Services de Renseignements dont la tâche consiste justement à exercer cette activité d’espionnage ont ainsi leur raison d’être légitime dans toute nation soucieuse de sa survie.

Au-delà de ce besoin de sécurité collective, il y a également le besoin humain d’anticiper les événements pour minimiser les risques de l’effet - surprise. Et il parait donc légitime que les Services de Renseignements procèdent également à des collectes et au traitement des informations susceptibles de favoriser l’anticipation des événements.

  • Le besoin d’anticipation des événements.

Anticiper les événements dans une société suppose une connaissance approximative préalable des paramètres, des causes, des tenants et aboutissants ainsi que des circonstances de ces événements.

Le célèbre stratège prussien Carl von Clausewitz écrivait à juste titre dans son ouvrage «De la Guerre » qu’il faut «connaître l’adversaire et surtout soi-même pour être invincible», et que le «bon général a gagné la bataille avant de l’engager».

Ces deux maximes rejoignent en grande partie le concept de «Shih» développé au 5 e siècle avant J.-C. par le célèbre stratège chinois Sun Zi et qui stipulait qu’une action offensive ou défensive doit être toujours basée sur la préparation préalable, le travail assidu, la bonne connaissance de soi et de l’autre ainsi que l’utilisation des circonstance favorables.

Il va sans dire que ces critères énumérés nécessitent le déploiement de ressources humaines, de structures coordonnées et d’expertise technique susceptibles de collecter les informations utiles, de les traiter et de les faire utiliser en cas de besoin.

S’il est bien vrai au regard des arguments précédents que la raison d’être des Services de Renseignements se réfère principalement au cadre militaire et sécuritaire, il est encore beaucoup plus vrai que leur utilité dépasse largement le cadre militaire pour trouver des applications pratiques dans la Politique , l’Economie et la vie professionnelle ou privée. Le besoin d’anticipation des événements en vue d’entrevoir toujours des possibilités de solution à toute menace aussi bien interne qu’externe est un besoin vital pour toute société humaine et confirme davantage le caractère noble de la tâche assumée par les Services de Renseignements dans tout pays. De multiples exemples depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne confirment par ailleurs que les Services de Renseignements constituent une Institution incontournable dans la vie de tout pays et de toute organisation sociale.

En fonction de leur domaine d’intervention ils peuvent être classés dans 4 catégories principales:

  • Les Services de Renseignements Judiciaires pour les investigations liées aux délits de droit commun (crimes de sang, voie de fait, etc.) ;
  • Les Services de Renseignements Economiques pour les investigations des délits d’ordre économique (contrefaçon, fraudes fiscales, contrebande, blanchiment d’argent, etc.) ;
  • Les Services de Renseignements Militaires pour des investigations liées aux atteintes à la Sûreté d’Etat, à l’Intégrité territoriale et à la Haute Trahison (par ex. protection du matériel de guerre tel que les cartes d’Etat-major et les informations codées, l’empêchement des désertions sensibles au sein des unités de l’Armée, etc.)
  • Les Services de Renseignements Politico-idéologiques liées à la défense contre la subversion déstabilisatrice (par ex. la prévention des émeutes et des tendances séparatistes provenant d’organisations totalitaires tels que les néo-nazis).

Les activités et missions des Services de Renseignements sont donc orientées non seulement contre «l’ennemi potentiel extérieur», mais aussi contre «l’ennemi intérieur anti-patriotique» susceptible d’agir par égoïsme comme le font généralement les agents-doubles appelés «taupes» dans le jargon des Renseignements.

Comme on peut le constater dans tout ce qui précède, ce n’est pas l’existence des Services de Renseignements dans un pays donné qui pose un problème crucial en soi, mais plutôt leur inefficacité ou leur déploiement à des fins personnelles, égoïstement criminelles ou anti-patriotiques comme cela est malheureusement le cas togolais depuis des décennies.

    • A propos des Ressources Humaines et Techniques des Services de Renseignements.

Contrairement à l’idée généralement répandue faisant croire que les Services de Renseignements se limitent à la Police et à l’Armée, des faits assez édifiants confirment que les Ressources Humaines auxquelles recourent les Services de Renseignements embrassent presque toutes les catégories socio-professionnelles. On y trouve des membres du corps judiciaire, du corps médical, du barreau, du clergé, de la haute finance, de l’enseignement supérieur et de la recherche, du journalisme, du monde de l’art, du monde agraire… Parallèlement, les moyens techniques déployés aujourd’hui par les Services de Renseignements sont immenses, variés, de plus en plus sophistiqués et deviennent de plus en plus complexes. Cela va de la surveillance classique du courrier postal et des communications téléphoniques aux géants satellites géo-stationnaires de surveillance en passant par les techniques informatiques modernes très pointues comme le Hacking (pour accéder aux serveurs de façon non-autorisée), l’IP Tracking (pour identifier à distance les ordinateurs utilisés par les autres) et les virus Troyan (pour collecter les informations sur les PCs des autres à leur insu) …

Les méthodes d’action généralement utilisées comportent donc entre autres l’interception des communications, la cryptologie (cryptographie et cryptanalyse), les assassinats, les livraisons d’armes, les coups d’Etat, la désinformation et l’intoxication, etc.

Il est clair au regard de la description des ressources humaines et techniques décrites ici qu’un pays comme le TOGO encourt gravement le risque inquiétant d’hypothéquer sa Survie, sa Crédibilité et sa Réputation au niveau international et de transformer définitivement la société togolaise en une jungle machiavélique sans loi ni éthique si les Services de Renseignements ne jouent pas efficacement leur rôle pour empêcher les concitoyens anti-patriotiques d’utiliser abusivement les Structures et Institutions d’Etat à des fins criminelles et égoïstes. Cette Crédibilité et cette Réputation seraient encore plus entamées s’il s’avère que la Présidence de la République accorde de façon tacite son soutien à ces individus égoïstes et sans scrupules dans l’utilisation abusive d’une Institution très sensible comme les Services de Renseignements qui relèvent directement de la Présidence de la République !

  • Les risques d’instrumentalisation anti-constitutionnelle des Services de Renseignements.

L’Histoire de l’Humanité recèle çà et là de quelques sinistres exemples d’instrumentalisation des Services de Renseignements qu’il est inopportun d’énumérer ici in extenso. Il serait plutôt beaucoup plus utile d’analyser ici les circonstances qui favorisent une telle instrumentalisation asociale, égoïste, inhumaine et anti-patriotique.

  • Les risques idéologiques.

Un Service de Renseignements encourt le risque d’instrumentalisation idéologique lorsque le pays fait face au grave phénomène de Société bloquée bien connue en Sociologie politique et en Psychologie sociale. Il s’agit d’une situation d’absence de perspective politique et de programme de société née de l’incapacité pour les Citoyennes et les Citoyens d’exercer librement leurs Droits civiques dans un pluralisme politique constructif.

La montée du Nationalisme-Socialisme en Allemagne dans les années 1929-1933, du Communisme léniniste en Union Soviétique, de l’Apartheid en Afrique du Sud en sont des exemples typiques.

Dans chacun de ces cas, les Services de Renseignements sont déployés pour défendre une idéologie totalement artificielle propagée par un groupe d’intérêts qui a usurpé le pouvoir politique soit par la ruse et la démagogie, soit par la violence ou encore par les trois. Il est donc clair dans un tel contexte que les mécanismes de contre-pouvoirs politiques et de contrôle social sont pratiquement muselés, rendus inefficaces ou inexistants.

Dans le cas typiquement togolais, l’idéologie du parti-unique-parti-Etat avec son cortège de culte de la personnalité, de la corruption et la violence a servi de terreau fertile à l’instrumentalisation des Services de Renseignements Togolais.

  • Les risques politiques et socio-économiques.

Les situations d’hystéries collectives nées de la disparition de l’appareil d’Etat ou de l’effondrement du système économique et monétaire peuvent également favoriser l’instrumentalisation anti-patriotique des Services de Renseignements dans un pays. Ainsi un pays n’ayant plus un gouvernement crédible ou faisant face à une cessation de paiement encourt le risque d’instrumentalisation égoïste et anti-patriotique des Services de Renseignements par une poignée d’individus sans scrupules. Un exemple typique pour cette seconde possibilité d’instrumentalisation des Services de Renseignements est celui du Gouvernement de Vichy lorsque la «grande nation française» était totalement à genoux devant l’envahisseur nazi après six semaines seulement d’affrontements militaires et que le pouvoir politique français vacillait entre la France Libre avec le général de Gaulle à sa tête et le Gouvernement de Vichy avec le maréchal Pétain.

  • Les dérives dans les Services de Renseignements du TOGO: un casse-tête chinois.

Depuis l’avènement du Bourreau de Pya, les Services de Renseignements du TOGO trouvent malheureusement la sinistre réputation d’être à la fois un Etat machiavélien autonome sans loi ni priorité à l’intérieur l’Etat Togolais, de «travailler» pour d’autres Services de Renseignements étrangers, notamment français (au lieu de collaborer avec eux sur des cas d’intérêt commun) et de devenir une Boîte à Pandore où l’intérêt individuel ou les intérêts de certains groupuscules sans scrupules et avides de gain facile priment sur l’Intérêt National Togolais.

Il n’est donc pas surprenant que la Présidence de la République Togolaise soit infestée de plusieurs réseaux mafieux, parfois concurrents, parfois parallèles et parfois coopérants autour d’une seule et même figure centrale: Etienne Eyadéma GNASSINGBE.

Il n’est pas surprenant non plus que son héritier Faure Essozimna GNASSINGBE fasse transformer la résidence de la République Togolaise à Paris en une véritable taverne pour le recel de véhicules volés en France pour être vendus à Lomé, et ceci trois mois seulement après son usurpation du pouvoir présidentiel!

Il n’est pas surprenant non plus que le sieur Faure Essozimna GNASSINGBE soit muet comme une carpe dans cette affaire scandaleuse, au lieu d’ordonner des enquêtes et procéder à un «assainissement» dans son entourage politique!

Il n’est pas surprenant non plus que le site webofficiel (!) de la Présidence de la République Togolaise classe ce scandale hideux dans la rubrique «Divers» dans ses publications du 8 et du 9 septembre 2005 au lieu de le classer dans la rubrique «Société» ou «Politique»!

  • Les dérives au niveau politique.

Les activités des différents réseaux mafieux au sein des Services de Renseignements Togolais portent entre autres sur la vente d’armes illicite vers des pays Africains en guerre civile (par exemples: l’Angola du temps de Savimbi, Tchad du temps de Hissène Habré et tout récemment la Cote d’Ivoire avec la guerre civile actuelle), l’interception des informations économiques très sensibles des firmes étrangères non-françaises, la falsification des billets de banques, la délivrance de «vrais-faux» passeports togolais (à des non-Togolais sans éthique comme Charles Debbasch par exemple), le recel d’objets d’origine douteuse (par exemple: les diamants de Mobutu en fuite confisqués par le clan Gnassingbé), les enlèvements et assassinats de Citoyens Togolais «qui en savent de trop» sur les activités obscures des réseaux ou qui sont devenus des «concurrents gênants» (par exemple: le récent assassinat de monsieur Eric Tomety, alors chef du personnel du Port Autonome de Lomé), le trafic des organes humains au profit de chirurgiens étrangers ou de pseudo-magiciens lugubres, le trafic de drogues, etc. …

Cette dérive inquiétante des Services Secrets Togolais ne s’explique aucunement par une quelconque «prédisposition naturelle» du Peuple Togolais dans toutes ses composantes ethniques à une «cleptomanie congénitale» ou au crime organisé, mais est un «pur produit éthiquetypiquement français» exporté vers Afrique par le général Charles de Gaulle, ses adeptes et ses successeurs tant de la gauche que de la droite française depuis les années 1960 à travers divers réseaux obscurs.

  • Le réseau Foccart et ses «survivances» au TOGO

L’Officier français Georges Maitrier qui a conçu et organisé le coup d’Etat sanglant contre Son Excellence Sylvanius Olympio le 13 janvier 1963 ainsi que son complice Henri Mazoyer (alors ambassadeur de France au TOGO) n’ont pas confié la sale besogne d’assassinat à Etienne Eyadema GNASSINGBE sans que l’initiative ne vienne de Jacques Foccart, homme de l’ombre du général Charles de Gaulle au sein de l’obscur Service de Renseignements français SDECE (devenu DGSE depuis le 2 avril 1982).

En récupérant au TOGO les soldats démobilisés de l’armée coloniale française pour l’exécution des basses besognes des Services Secrets français, le Peuple Français ne visait ni pétrole ni diamant dans le Sous-Sol Togolais, mais voulait avant tout faire du TOGO une «colonie modèle» moderne où le goût morbide pour le crime crapuleux et la culture de l’impunité propres à la médiocrité militaire française pourraient être cultivés dans le laboratoire togolais pour être ensuite exportés vers d’autres pays d’Afrique en y déployant de sinistres mercenaires comme Bob Denard.

Il n’est donc pas étonnant qu’une avalanche de coups d’Etat s’est abattue sur les pays Africains au lendemain de l’assassinat réussi du président démocratiquement élu du TOGO!

Il n’est donc pas étonnant qu’une avalanche de guerres civiles provoquées par le néo-colonialisme français (à l’instar de la guerre de Biafra) s’est abattue sur les pays Africains au lendemain du coup d’Etat réussi au TOGO!

Il n’est donc pas étonnant que des accords de défense scélérats soient signés dès 1965 en catimini par le gouvernement français et les nouveaux gouvernements Africains «mis au pas» au lendemain de cet assassinat crapuleux au TOGO!

Beaucoup d’Africains en général et de Togolais en particulier ont naïvement cru que le réseau Foccart disparaissait avec le départ de Charles de Gaulle de l’Elysée. Mais les récentes déclarations d’amitiés de Jacques Chirac à la mort du Bourreau de Pya en février 2005 confirment que le réseau Foccart a été soigneusement revigoré, a été étendu à tous les partis politiques français, a été confié au sieur Chirac comme un héritage politique et un précieux patrimoine national, et continue d’opérer en toute tranquillité à travers des structures obscures comme la sinistre Cellule Africaine de l’Elysée qui est financée par le contribuable français.

  • Les nouveaux réseaux français.

Le goût morbide pour le crime crapuleux propre à l’expansion impérialiste française a fini par faire émerger depuis les années 1980 une kyrielle de nouveaux Services de Renseignements français qui ont fait de Lomé (la capitale Togolaise) une plaque tournante du crime organisé multiforme sur le continent Africain, allant du trafic de drogues à la vente illicite d’armes, au blanchiment d’argent provenant d’escroqueries et en passant par le proxénétisme français autour de jeunes Africaines.

Le général Jeannou Lacaze récemment décédé, le diplomate Bruno Delaye jadis en poste à Lomé, le général Bentégeat aujourd’hui entre Abidjan, Lomé et Brazzaville, Jean-Christophe Mitterand naturalisé Togolais, l’ancien minsitre Michel Rocard, le député Alain Madelin, Michel Roussin, l’homme d’affaires André Kamel, le juriste-mercenaire Charles Debbasch naturalisé Togolais et même le politicien raciste et négrophobe Charles Paqua entre autres ont réussi à trouver leur niche de prédilection au sein des Services de Renseignements Togolais pour faire prospérer leurs activités obscures au profit d’intérêts privés français tels que les multinationales françaises Elf, Bolloré, Suez-Lyonnaise-Dumez, Bouyges, France Télécom …

L’interview combien «françaisement maladroite» de la Ministre française de la Défense , madame Michèle Alliot-Marie, en mai 2005 pour démentir grossièrement la récente intervention des Services Secrets français au TOGO après la mort du Bourreau de Pya en vue de récupérer et dissimuler des documents compromettants sur les activités mafieuses françaises à travers les Services de Renseignements Togolais illustre à bien des égards la nervosité dans certains milieux mafieux français où on sait très bien que les Services Secrets (fussent-ils français ou autres!) ne demeurent pas indéfiniment la mystérieuse Porte de Sésame sans fuite d’informations et sans infiltration!

  • Les réseaux africains.

C’est donc dans ce contexte de dégradation éthique et sociale très avancée que certaines Togolaises et certains Togolais ayant fini par prendre goût au crime crapuleux organisé enseigné par les Services de Renseignements français ont transformé les Services de Renseignements Togolais en un véritable organisme lugubre et mafieux indigne d’une Institution Républicaine sensible et respectable.

Ces Togolaises et ces Togolais ont réussi à leur tour à tisser un réseau mafieux et criminel très dense, très complexe et très rôdé qui relie les métropoles Africaines comme Accra, Bamako, Cape Town, Cotonou, Dakar, Douala, Freetown, Johannesburg, Lagos, Lomé, Monrovia, N’djaména, Niamey, Ouagadougou, Tripoli, Yaoundé aux mégapoles occidentales et sud-américaines comme Amsterdam, Bogota, Hambourg, Francfort, Londres, Milan, Paris, Rio de Janeiro, Toronto, Washington, Zurich …

Les saisies tapageuses et répétées de cargaisons de drogues dures de plusieurs tonnes (principalement de la cocaïne) depuis quelques temps à Lomé sans que leurs propriétaires ne soient systématiquement traqués et arrêtés sont une preuve patente de la «couverture» tacite dont ils peuvent bien bénéficier dans la haute sphère politique togolaise et au sein des Services de Renseignements Togolais.

  • Un Etat de Droit en construction sur une culture de l’impunité ?

L’empressement avec lequel les présidents Africains Obassanjo, Khadafi, Kuoffor, Compaoré et Tandja entre autres ainsi que le Secrétaire Général de l’ONU Kofi Anan ont cautionné l’illégalité flagrante et déshonorante qui propulsa Faure Essozimna GNASSINGBE à la Présidence Togolaise peut bien s’expliquer en partie par les «collaborations» sulfureuses et sans doute criminelles existant entre les Services Secrets français et ces potentats Africains à travers les Services de Renseignements Togolais.

C’est bien flatteur d’entendre le sieur Faure Essozimna GNASSINGBE claironner le 16 septembre 2005 à qui veut l’entendre à New York que « les efforts visant à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement doivent être accompagnés d’une réforme hardie de l’Organisation des Nations Unies et d’une amélioration du fonctionnement de ses organes, si nous tenons à renforcer l’ensemble du système et à le rendre plusefficace et plus crédible

Mais il aurait mieux fait de commencer à donner l’exemple de «l’amélioration du fonctionnement» des Institutions en respectant la Légalité dans son pays natal et en oeuvrant pour l’éradication du crime institutionnellement organisé que son géniteur lui a légué.

 

 

 

Conclusion

 

L’implication de fonctionnaires de haut rang dans des activités criminelles et égoïstes sous le couvert des Institutions d’Etat aurait conduit sous d’autres cieux à des peines de prison, à des «purges politiques» et à une réforme immédiate des Institutions concernées. Mais le TOGO étant devenu la jungle machiavélique conçue et implantée par feu Eyadéma GNASSINGBE et ses parrains françafricains, une telle implication dans des scandales est plutôt honorée et récompensée par des postes encore plus juteux. Le clan GNASSINGBE s’apprête donc sans doute à servir aux Togolaises et aux Togolais des scandales encore plus sordides dans les jours, semaines et mois à venir.

En tout état cause, la machine mafieuse éyadémoniaque en aval continue de tourner et ne veut pas s’arrêter de si tôt. Et celle de la Françafrique qui est en amont et dont elle tient les théories et les méthodes tente actuellement de se restructurer vaille que vaille pour reconquérir par tous les moyens son «pré-carré» Africain qui semble lui échapper de plus en plus. Mais le Peuple Togolais est toujours aux aguets et semble déterminé à transposer le champ de la bataille contre la mafia françafricaine au cœur même de Paris s’il le faut.

 

Komdedzi Kofi FOLIKPO, Ingénieur en Informatique et Linguiste de profession, est le Coordinateur Général de l’Organisation PYRAMID of YEWEH dont les objectifs sont entre autres la saine Promotion des Valeurs Spirituelles, Mystiques, Culturelles et Sociales des Peuples Africains. Il partage sa vie entre




Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

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