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5 Octobre 1990 - 5 octobre 2005 : Quinze ans de lutte et de sacrifices !

La déclaration que nous publions ci-dessous n’émane pas de nous. Elle a été publiée, il y a trois ans, jour pour jour, par L’EXILÉ, l’une des composantes du Front. Malgré, le décès bien subite de l’autocrate Eyadema, rien a changé au Togo. Le système néocolonial est toujours en place avec à sa tête Faure Gnassingbe. L’enchaînement des derniers évènements dans notre pays, propulse, non seulement, cette déclaration dans l’actualité, mais aussi, balaye d’un revers de main certains points de vues erronées et capitulardes des faux démocrates qui veulent détourner le mouvement insurrectionnel du 5 octobre sur des voies de négociations et des urnes avec l’infâme régime France-Faure.

Lisez plutôt !

 

5 Octobre 1990 - 5 octobre 2002 : seule la lutte paie !

Il y a douze ans le Togo était en pleine effervescence. Le peuple déclenchait un mouvement insurrectionnel d'une ampleur, d'une intensité inédite. Les Togolais qui passaient jusque là pour peureux, obéissants, «Champions de l'animation», des «haies d'honneur» voire des «moutons», montraient aux peuples africains, aux autres peuples du monde, qu'ils étaient capables de relever la tête, de dire non, et avec quelle force, à la soumission, à l'arbitraire, à l'injustice, à l'oppression. 

L'autocratie avait beau multiplié la terreur, les massacres, les manœuvres d'intimidation, en vain: le peuple avançait toujours. Une presse non inféodée au pouvoir circulait en abondance, ainsi qu'une multitude de tracts, et les Togolais redécouvraient avec frénésie l'envie de lire qu'un quart de siècle de pouvoir autocratique et d'une presse aux ordres avaient pratiquement tuée. Les griots du R"P"T avaient perdu de leur superbe et rasaient les murs. La démocratie semblait à portée de la main, et cela semblait une question de jours. 

Aujourd’hui, douze ans après, ces événements glorieux semblent un lointain passé. Eyadema est toujours en place et continue de narguer le peuple. En juillet 1999, on nous avait invités à prendre pour argent comptant la «promesse» faite à Chirac selon laquelle des élections législatives auraient lieu en mars 2000, et qu’il ne se représenterait pas à la fin de son mandat. Ceux qui, comme nous, osaient mettre en doute une telle «promesse», et critiquaient l’Accord Cadre de Lomé, la participation au CPS, étaient traités de tous les noms et accusés de «diviser l’opposition». 

Mais nous sommes pratiquement à la fin de l'an 2002, et nous voyons le résultat de cette politique: la seule perspective qu’elle nous offre une fois de plus, ce sont des élections bidons. Plus que jamais la presse officielle continue de déverser sa propagande grossière et insipide. Les «motions de soutien» ont repris, et les séances de «repentir» se multiplient, alors que la presse privée est peu à peu muselée par des arrestations arbitraires et des procès iniques, en application d‘une loi scélérate. Une fois de plus Eyadema, la calamité nationale, se fait conférer un rôle international comme l’un des médiateurs dans le conflit ivoirien, alors que pendant ce temps, les salaires et les pensions déjà dérisoires, restent toujours impayés, que la misère, la détresse physique et morale des masses ne cessent de s’aggraver, que nous connaissons des conditions toujours plus dramatiques en tant qu’exilés. 

Seule une lutte intransigeante peut arracher le pouvoir des mains de l’autocratie et instaurer une véritable démocratie.

La grande leçon que nous devons retenir du 5 octobre, c’est que cette journée et les journées qui ont suivi nous ont apporté la preuve que seule la lutte peut arracher le pouvoir des mains de l’autocratie et instaurer une véritable démocratie. En effet, si aujourd’hui Eyadema peut vider l’Accord Cadre de Lomé de son contenu, faire fi de la CENI , instaurer son propre collège de magistrats pour ces élections bidon, bref s’il peut imposer sa mauvaise foi partout, c’est d’abord et avant tout parce qu’il en a les moyens, du fait qu’il dispose de ce qui constitue le fondement du pouvoir d’Etat: l’appareil d’Etat et notamment les forces de répression. Dans ces conditions, ce ne sont pas les textes de droit, si pertinents soient-ils, ou des débats sur tel ou tel article de la constitution ou sur le calendrier électoral, qui viendront à bout de ce dernier, car la vie nous montre chaque jour que le droit sans la force n’est que pur bavardage.  

C'est ce que nous avons compris à L'EXILÉ. Nous nous sommes rendus compte à travers ces années d'expérience, que la véritable force capable de venir à bout du pouvoir oppresseur, c'est le peuple lui-même organisé, mobilisé et conscient, et non quelques leaders providentiels qui veulent tout juste l'utiliser pour leurs ambitions et intérêts personnels. Nous avons également compris que c'est à travers l'épreuve des luttes concrètes que les vrais dirigeants du peuple se feront connaître par leur dévouement, leur courage, leur opiniâtreté, leur clairvoyance

Nous avons enfin compris, que le devoir d'un vrai démocrate est d'aider le peuple à y voir clair, à prendre conscience de sa force ainsi que de l'enjeu. C'est ce à quoi nous entendons participer modestement à notre niveau, notamment en traquant sans merci les idées fausses sur la démocratie. C’est au nom de cette conviction que nous avons à juste titre dénoncé l’Accord Cadre de Lomé et la CPS , ce qui s’est avéré juste, et toutes les manœuvres visant à trouver une fausse solution à la situation, que ce soit celle en faveur d’Agboyigbo, ou celle actuelle visant à promouvoir Péré et Agbéyomé.  

Plus que jamais, le 5 octobre 1990 n’était pas une journée de dialogue, de négociation avec la dictature, mais une journée de luttes ouvertes, exemplaires. Ceux qui prétendent célébrer cette journée, tout en prônant le dialogue avec l’autocratie en trahissent l’esprit. Pour ce qui nous concerne, nous ne cesserons de les dénoncer, de les mettre devant leurs contradictions. C'est ainsi que nous contribuons à hâter le retour d'un 5 octobre, avec cette fois l'assurance du succès. C'est ainsi que nos morts ne seront pas morts pour rien. 

Vive le glorieux 5 octobre 1990 !

Gloire aux martyrs de la lutte !


Seule la lutte paie !

Bruxelles, Le 5 octobre 2002

(L'EXILÉ)

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Contact : info@togoenlutte.com

Site Internet : www.togoenlutte.com




Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

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