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EN ATTENDANT DE REMPORTER LA COUPE DU MONDE 2006, FAURE ET KPATCHA CONTRAIGNENT DEJÁ LES EPERVIERS A S'INCLINER SUR LA TOMBE DE " DIEU EYADEMA "

Bassirou AYEVA 

À ma connaissance, on ne s'incline sur une tombe que lorsqu'on connaît celui qui s'y repose pour l’éternité, lorsqu'on a des liens de famille avec le défunt, ou simplement lorsqu'on a de l'estime, de l'admiration ou du respect pour la mémoire du disparu dont la vie est liée à certains hauts faits historiques de la société... S'incliner sur une tombe est donc un intense acte spirituel volontaire, individuel ou collectif.

À ma connaissance, aucun joueur de l'équipe nationale ne connaissait personnellement le général Eyadema de son tumultueux vivant

. Aucun joueur n'avait de liens familiaux avec „l'illustre „ disparu. Et, depuis le drame familial, c'est - à - dire l'assassinat non élucidé...il y a quelques années d'un de ses fils, le jeune Atchalimmodom sélectionné à l'époque en équipe nationale, il n'y a plus eu un proche du Clan Gnassingbé dans la crème du football togolais.

Aucun des sélectionnés que je qualifiais dans ma précédente publication de frange de la génération sacrifiée par les 40 ans de dictature, n'a ni d'estime, ni d'admiration et encore moins de respect pour celui qui pendant près de quatre décennies a hypothéqué l’avenir et la vie des Togolais, surtout des jeunes. Aussi, même si notre culture et nos traditions sous enseignent humilité et respect devant le mort, elles ne nous commandent pas de nous incliner sur n'importe quelle tombe. Or, pour bien de Togolais dont les joueurs des Eperviers, la tombe du défunt - Président - Fondateur du RPT, n'est, hypocrisie mise à part, pas seulement celle de n'importe qui, mais, surtout celle de celui qui a infantilisé, crétinisé et affamé le peuple togolais et dont la disparition aurait du être synonyme de soulagement, de fin d'une époque faite d'obscurantisme et d`humiliation.

Au delà de l'hommage à un défunt, les Princes héritiers Faure et Kpatcha en ont fait un hommage à un Dieu...Ils ont par là, voulu démontrer que la culture de l'obscurantisme, du fétichisme est encore vivace comme du vivant de leur père. La victoire des Eperviers a été selon eux inspirée par Eyadema vivant. Elle été parachevée par Eyadema mort. D'où la reconnaissance et l'hommage que doivent tous les amoureux du football, disons tout le peuple togolais à leur Dieu. C'est cela qui explique le pèlerinage forcé des Eperviers sur la tombe du dictateur, grâce à qui ils se sont donc qualifiés pour le Mondial 2006.

Que Faure et Kpatcha, fils du dictateur qui tentent à leur tour d'embastiller le peuple togolais sachent qu'ils le veuillent ou non, que jusqu'à son dernier soupir, le 05 février 2005, le général Eyadema est resté un dictateur, un tyran malgré tout. En entendant que les historiens viennent se pencher sur les 38 ou 40 obscures années de l'ère Eyadema, nous pouvons sans nous tromper affirmer que les assassinats, les mutilations et les emprisonnements pour délit d'opinion se sont chiffrés, par dizaines, par centaine...

Chaque ville, chaque village, chaque famille a pleuré et pleure encore un disparu tué par les balles d'un militaire fanatisé pour qui Eyadema représentait un dieu vivant de la terre....

Je connais deux à cinq joueurs parmi les Eperviers dont les proches ont été victimes de l'appareil répressif du dictateur et tout récemment de celui de ses enfants Faure et Kpatcha, qui aujourd'hui forts de leur costume de président et de ministre de la défense tentent de capitaliser la qualification des Eperviers pour blanchir l'image du défunt dictateur, le transformer en Dieu et faire de sa dernière demeure le fétiche, qui en plus de ceux dont ils ont hérités inspirera leur politique de maintien au pouvoir.

Je connais des joueurs qui pleurent un parent ou un ami abattu par un soldat ou par les milices du RPT. Je connais des joueurs qui financièrement ou matériellement contribuent à guérir les plaies d'une innocente victime des répressions inaugurées hier par le père et perpétuées aujourd'hui par les fils.

Nous le savons, les joueurs ont effectué ce pèlerinage au caveau familial des Gnassingbé à Pya, malgré eux. Ils ne l'ont pas fait, il est vrai, sous la contrainte d'une baïonnette. Mais ils

l'ont tout de même fait sous l'effet de la manipulation, de l'euphorie et la curiosité pour les uns et de la peur de se voir coller le titre d'opposant politique, de perdre leur place et les privilèges afférents pour les autres.

La preuve est cet échange que j'ai eu avec un des mondialistes devenus pèlerins forcés d'un

jour „ à l'image de leur père, les fils Faure et Kpatcha, sont aussi des dictateurs. Après avoir pris le pouvoir de force, ils veulent aussi qu’on les flatte. Ils ont voulu par des subterfuges, que nous allions à Pya…et je t’avoue qu’aucun joueur présent à Pya n 'y était par conviction sur la tombe d* Eyadema..."  

Un jour, nous serons fixés sur le rôle et l'attitude de ceux qui sont rentrés au gouvernement

pour disaient- ils, éviter le pire...Mais, qu'y - a- t- il de pire que de donner, alors que les

plaies du règne dictatoriale restent encore béantes et que la colère gronde toujours contre les

héritiers, le nom d'un tyran même disparu à des lieux publics que sont le camp RIT et

l'aéroport de Lomé Tokoin ?

Qu'y a- t - il de pire que de contraindre de braves citoyens dont la seule faute est d’être de brillants footballeurs, de confessions religieuses diverses à s'associer au culte de la personnalité et à la culture du charlatanisme ?

Qu'y a - t - il de pire que l'envoie de milices de Kpatcha déguisés en vulgaires bandits

s'attaquer à un journaliste qui semble déranger ?...( Nous reviendrons sur ce sujet ).

Qu'y aura- t - il pire que ces quelques cas où se conjuguent déification du dictateur défunt,

manipulation, obscurantisme et criminalité, qui s'ajoutent aux tueries pré et post électorales

du 24 avril, pour que nous sachions ce que pensent, ce que disent, et ce que comptent faire MM. Edem Kodjo ( CPP ), Premier ministre, Zarifou Ayeva ( PDR ), Ministre d'Etat chargé des Affaires Etrangères...qui se proclament toujours de l'opposition pour empêcher les dérives mégalomanes de leurs employeurs Faure et Kpatcha déterminés à achever l'oeuvre de leur père en enfonçant davantage le pays ?

Point de surprise si l'année prochaine, avant leur départ du pays pour leur résidence

Bavaroise...en Allemagne, en vue de prendre part au Mondial, Faure et Kpatcha tentent d´ amener les Éperviers séjourner et prier pendant plusieurs jours, sans entraînement cette fois, sur la tombe de leur père Eyadema - Dieu.

Un Dieu qui nous fera vaincre les équipes les plus huppées dont le Brésil ou l’Argentine...et remporter le trophée. Grâce à la tombe du Dieu Eyadema, le Président Faure Gnassingbe décrétera plusieurs jours chômés, fériés, et payés...Le peuple fêtera. Et la dynastie se consolidera.

Dieu Eyadema l’avait prédit…

Bassirou AYÉVA




Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

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