Infostogo - porte parole des sans voix - Togolais - democratie - Presse de la diaspora - News - Info

Menu
 Accueil
 Actualités
 Diaspora
 Editorial
 Contact






L´incompréhension de la communauté musulmanne de Kétao

Kétao est une„ville“de la préfecture de Binah , 24 km de Kara á l´Est vers le Benin La ville est célèbre par son marché hebdomadaire qui a lieu tous les mercredis et aussi par le génie des femmes de cette région qui fabriquent un savon local de très bonne qualité et dépourvu des substances chimiques nuisibles á l´organisme humain comme certains savons importés. Puis encore,ces femmes sont aussi douées dans la fabrication de la moutarde locale á base des grains du néré, bref un condiment pour l´assaisonnement de la sauce. La moutarde de Kétao a la vertu même de réduire énormément les effets néfastes du cancer et surtout le cancer de sang. Ceci a été scientifiquement prouvé. Ainsi, selon certains médecins,la consommation de la moutarde de Kétao serait recommandée aux patients soumis au traitement de sang par la dialyse. Ce produit local ne contient pas des substances chimiques par rapport au glutamate importé et très nocif, qui abonde malheureusement sur nos marchés.

En effet, depuis plus de deux mois la communauté musulmane de cette ville vit un problème plus ou moins insolite qu´elle ne comprend pas dont voici les faits racontés par ses fidèles religieux:

La Mosquée où la prière de Vendredi est exécutée est devenue petite et désormais ne peut plus contenir les fidèles religieux. Ainsi la communauté musulmane en a décidé de démolir la mosquée et d´élever un étage afin de mieux contenir plus de fidèles. Aussitôt les travaux de reconstruction commencée, se présente un certain Mr.Djato S.( nom changé) pour sommer les macons d´arrêter les travaux; sous prétexte qu´il n´aurait pas été consulté avant la démolition de la mosquée et qu íl serait le propriétaire du terrain sur lequel y était bâtie la mosquée.Il serait l´héritier de ce terrain légué par ses parents ou arrière parents. Mais selon l´Imam El-hadji Awali, le terrain serait donné á la communauté musulmane il y a environ plus de 60ans. Ce qui est incompréhensible selon la communauté, c´est les mobiles de Mr.Djato S. Pourquoi avant la démolition de la mosquée Mr.Djato S. n´avait jamais évoqué le droit de propriétaire de terrain sur lequel se trouvait la mosquée. Dès lors, et pour éviter la polémique, la communauté musulmane décide d´acquérir le terrain chez Mr.Djato S. pourtant sur lequel la mosquée se trouve il y a plus de 60ans ;mais hélas Mr. Djato refuse de le vendre et s´oppose catégoriquement á la continuation des travaux de la construction. 

Je tiens á souligner ici que malheureusement je n´ai pas pu avoir la version des faits aussi de Mr.Djato S.

A l´évidence, et pour ma part,je pense que le problème ou litige relève de la justice sur deux aspects:

1- Sur le plan du droit coutumier

Il y a acquisition coutumière du terrain de la communauté musulmane et en terme juridique la communauté musulmane a acquis le terrain de manière coutumière.

Pour le propriétaire, á l´époque c´était le mode de transfert de la propriété foncière non titrée .

2- Sur le plan du droit moderne

Il y a l´usucapion trentenaire : c´est á dire, après un délai de trente ans le prétendu propriétaire ne peut plus revendiqué le terrain.

En effet, les deux parties peuvent saisir les juridictions compétentes pour régler le litige. Au pire des cas, la partie qui se sent lésée peut en faire recours et encore sur quelles preuves? Mais toutefois; les tribunaux saisis avec preuves ou pas, doivent en principe trancher le contentieux. Théoriquement les tribunaux togolais en ont les moyens légaux pour dire le droit.

Cependant, le Ministre de la ville, Mr.Marc Aklessou Akitèm en tant qu´originaire de Kétao et de passage, fut saisi du problème par la communauté musulmane. A leur étonnement, le Ministre aurait fustigé la communauté „de s´être enrichie aisément á Kétao et de trop secomplaire alors que Kétao n´est pas chez elle“.Toutefois, il s´est rendu sur le lieu et aurait promu «de régler le problème ».La communauté musulmane, intriguée par les propos désobligeants du Ministre se pose des questions: « Mr. le Ministre oublie t- il qu il serait né dans le même dispensaire de Kétao, ait joué, fréquenté la même école primaire ou le Collège d´enseignement général de Kétao que leurs propres enfants à l´instar de l´actuel directeur de cabinet à la Présidence Mr.Pascal Bodjona ?  En vertu de quoi, il les traite « d´étrangers».Ils ont les mêmes droits et devoirs que les autres vis á vis de Kétao comme du Togo. Monsieur le Ministre vit sans doute à Lomé, où il gagne sa vie et se complaint aisément aussi; est-ce Lomé serait chez lui ? Pourquoi deux poids deux mesures? renchérit un autre.» 

Pour ma part, et sans partie prise, je pense que le Ministre n´est pas compétent à régler de tels problèmes. Certes, il peut donner des instructions et recommandations, mais pas confondre la politique et le droit.

Au pire des cas, s´íl devait régler le problème, alors, le faire objectivement et impartialement dans l’ínterêt de la coexistence pacifique des communautés. J´ai l´impression que Mr.le Ministre croit avoir en face de lui, les populations illettrées, âgées et peut–être prétend que; ce problème relève de son ressort. De grâce, je ne lui prête pas cette intention, mais qu´il me permette que je lui renvoie á ce dicton : « C´est des tares d´un vieuxmonde condamné que naîtra un nouveau monde tant attendu et tant espéré » Ainsi, vouloir régler personnellement le problème n´est pas une solution durable pour prévenir d´éventuels cas,qui pourraient aussi surgir. Mieux vaut, aider les deux parties á saisir les juridictions compétentes pour l´espèce. Certes,"le dossier" est bloqué chez Mr.le Ministre,mais alors n´est–ce pas là un abus de fonction?

En effet, que Mr.le Ministre ait avancé des propos déplacés ou pas, la réalité est la suivante:l´honnêteté intellectuelle et la vérité nous obligent à le souligner. C´est qu´en fait, le malaise est là. La communauté musulmane de Kétao se voit de plus en plus taxer et accuser « d´étrangère » par les« soi-disant autochtones.» Si cette dernière lui reproche quelque chose qui l´indispose qu´elle le fasse ouvertement connaître .Elle ne supporte plus ces attributs subjectifs. Les propos du Ministre sont une confirmation éclairante de ce malaise.

C´est d´autant plus irresponsable de la part d´un Représentant du gouvernement de tenir des propos pareils. Je ne veux pas extrapoler, mais l´histoire l´a déjà démontré, au Togo et ailleurs comme en Côte d´Ivoire avec « l´Ivoirité ».La manipulation de tels propos peut mettre la Nation en danger. En présentant les faits nous n´avons aucune intention de brouiller les cartes ni culpabiliser une partie ou quiconque. Au fait, Mr.le Ministre ferait mieux de se plonger dans l´histoire des peuplements au Togo et si nécessaire s´informer près des historiens:nousvenons tous partout d´ailleurs. Pire encore, nous, Hommes et Femmes sommes des passagers sur cette terre. En tant que Ministre de la ville voudrait-il administrer dans les villes les concitoyens pauvres et malheureux?

C´est qu ´au fait, avec des termes sensibles pareils la dramatisation et la manipulation sont souvent vite franchies et exploitées pour nuire inutilement les innocents concitoyens.

Notre souhait serait que les autorités juridiques compétentes rendent le droit tel qu´il est prescrit dans le code togolais.

Gambari Yaya

Bremen-Allémagne 24.11.05

gambari@arcor.de




Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

Tous droits reservés © infostogo 2004


www.conrad.de