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"La coalition, selon le professeur Gnininvi, a vécu et n'est plus qu'un lointain souvenir. C'est très dommage mais c'est un fait et il faut faire avec". Secret de polichinelle? NON !
Que la masse sache cette vérité simple, il y a doute. Nous avons au contraire tout raison de croire que beaucoup de nos compatriotes continuent par espérer de cette coalition le changement pour lequel le sang a coulé. N'est-ce pas au nom de cette coalition -qui a participé à la farce électorale - que le poste de premier ministre est réclamé ? On ne peut pas logiquement se prévaloir des engagements de Bruxelles pour continuer à mendier ce poste, parce que ces engagements n'ont été rien que des promesses du gouvernement de Sama. En réclamant ces engagements au gouvernement de Kodjo, on doit ipso facto accepter que kodjo Edem, premier ministre togolais et qui se trouve être un des confectionneurs du texte de la discorde nationale le pilote ou, tout au moins le parraine. Cette simple hypothèse installe un paradoxe terrible. Au fait, la contradiction réside déjà dans la démarche même vers ce que certains appellent improprement "accord" avec le fameux point I-1 sur le dialogue intertogolais.
La CPP, étant à l'origine, une des composantes de l'opposition dite traditionnelle ( le piège des mots), il est difficile aujourd'hui d'exclure cette formation politique des débats liés à ces engagements. Le prétexte d'une opposition immaculée, dégagée de toute compromission avec le pouvoir Rpt ne tient plus la route. Après avoir exigé du Rpt le respect scrupuleux desdits engagements en prenant les facilitateurs à témoin, il tombe sous le sens que ce soit l'opposition qui réclame des aménagements dans les textes de Bruxelles alors que le Rpt des Gnassingbe père et fils cherchait depuis et en vain des prétextes pour s'en défaire. Nos chefs une nouvelle fois encore donnent au pouvoir une occasion en or de les traiter de versatiles et peu sérieux, occasion que le RPT ne manquera d'ailleurs pas de saisir même si, pour l'heure, il feint de l'ignorer.Tout le bruit autour du Gouvernement d'Union National s'est révélé à nous désormais comme des battements d'aile de gens qui ne cherchent qu'à se mettre sur orbite.
Si une partie de L'opposition a compris très tôt ce jeu de passe-passe et en a fait cas, ce n'est pas au RPT que cela échappera ! On peut donc déduire de ce triste constat que les Gnassingbe ne se foutent pas de l'opposition (en réalité où est-elle cette opposition en tant que structure, donc interlocuteur ?) C'est les opposants qui se foutent de ceux au nom desquels ils parlent ! Il ne s'agira pas de condamner cette Coalition tout en s'accommodant des hommes qui la composent. Ce serait une bêtise de plus. A moins d'accepter que toute la lutte pour la démocratie soit une guerre de sigles flatteurs, fabriqués á la tout va. Nous sortira t-on la Grande Coalition ou le Grand Rassemblement Démocrate que les naïfs recommenceront par saliver sur cet éternel travail de sysiphe.
A la bourse de travail de Paris, Emmanuel Boccovi de la CDPA-BT reprochait à Isidore Latzoo du CTR -et par extension à toute la coalition, que ce dernier n'a plus rien á proposer, ayant appelé les Togolais à aller aux urnes puis à se faire massacrer gratuitement par ceux qui tiennent plus du Tyrannosaurus rex que de l'homo sapiens. Pourtant, on n'a pas besoin d'être un GI'S ou un guerrier pour comprendre que quand on est sûr de perdre un combat, on ne livre pas bataille. Significativement beaucoup de ces organisations spécialisées dans les tapages et les cris d'orfraie ont perdu la voix ; non par sagesse, non par recul stratégique mais plutôt par irresponsabilité, parce qu'ils ont abandonné à leur sort les victimes du deal macabre avec le Pouvoir RPT.
Ce n'est non plus les promenades dans les rues européennes, les processions dans le froid canadien, et les retrouvailles d'amis dans les ruelles étasuniennes qui mettront du baume sur les plaies encore vivaces de l'an 2005.
Les organisations de la société civile qui ont pactisé avec la Coalition et qui ont, comme elle, mordu la poussière doivent se ressaisir pour entreprendre un véritable travail de leadership. Pour cela il urge de dégager un interlocuteur crédible et sortir du flou structurel qui caractérise ces mouvements citoyens.
Lorsque Micheline Randolf du CNSC/ DIASTODE déclarait tout comme Houmey Noviti Spero de Batir Le Togo et bien d'autres encore que la question de candidature unique etait un faux problème, qu'il fallait s'en tenir à la bonne organisation des élections, cela n'a eu aucun effet, n'est-ce pas ? Pis on a vu, à la fin, l'organisation de Micheline, Dany Ayida, Amovin Joel et autres se rallier aux chefs traditionnels de l'opposition, candidats toujours à quelque chose. Le résultat est là.
La question de l'impunité qui, a un certain moment , a été la revendication première et le dénominateur commun des plates-formes revendicatrices a été progressivement abandonnée aussi bien par les parrains européens que par l'ONU et ses partenaires. On en parle beaucoup moins partout. Au Togo davantage moins.
Le rapport des 500- 600 morts de l'ONU qui a pris le pas sur celui de la LTDH ( plus de 800 morts) n'a même pas été, constatait un responsable de la LTDH, ventilé vers toutes les instances onusiennes. La version anglaise a disparu du site alors que les pays anglophones sont plus généralement regardants en matière des droits de l'homme et donc plus susceptibles de vouloir en donner suite que leurs homologues francais embrigadés dans l' O.I.F. Pendant ce temps nos compatriotes s'excitent avec l'idée que l'ONU viendra les délivrer comme elle l'a fait peut-être au Congo (R.D.) de joseph Kabila ?
La révélation de l ''impeachment" de Washington qui frappe Kabila dans la course pour les élections présidentielles, le Kabila qui se serait arrangé avec Colin Powell alors Secrétaire d 'État et Tabo Mbéki président Sud Africain pour contenir la rebellion interne soutenue par le Rwanda et l' Ouganda, prouve que les solutions exogènes sont vouées à l'échec. Pour deux ans de plus au pouvoir, Joseph Kabila a négocié son départ au terme de ce délai des deux ans contre la fin de la guerre. Et la guerre téléguidée a cessé en effet parce que washington l'a voulu. Il apparaît donc que Kabila en restant inflexible et en refusant toute concession était chaussé de bottes solides. Son opposition qui n' était pas au courant de ce deal a beau parcourir les chancelleries, elle n'a rien obtenu parce que l'Occident n'est pas un cochon qui s'en dédit.
Mêmement l'opposition togolaise qui, ne comprenant rien a rien à ce complexe exercice où les enjeux véritables se trouvaient ailleurs,déclarait inutiles dans des communiqués tout aussi inutiles les nombreux déplacements de Faure Gnassingbé.
On comprendra donc que la coopération internationale (cf "la sale coopération : critique du texte de frédéric Galley") a ses lois propres qui n'ont que faire des marches de protestation et des déclarations d'intention des oppositions balbutiantes africaines.
En clair il faut agir et l'Opinion International prendra acte après les murmures de protestation. Exactement comme cette Opinion l'a fait pour Faure Gnassingbe et pour d'autres personnes avant et après lui. Ainsi va le monde.
Anani alex Gomez
Liberté hebdo 01/02/2006
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