Infostogo - porte parole des sans voix - Togolais - democratie - Presse de la diaspora - News - Info

Menu
 Accueil
 Actualités
 Diaspora
 Editorial
 Contact






AGBEYOME KODJO : LA REPLIQUE JUDICIAIRE ?

(publié par CANARD Indépendant Hebdomadaire Togolais N° 83 du 10 Février 2006)

Le 31 Janvier dernier notre confrère infosplusgabon faisait état des misères que le pouvoir togolais continue en dépit de tout bon sens  d’infliger à l’ancien Premier Ministre Agbéyomé KODJO, pour son refus de cautionner le déficit démocratique et   la mauvaise gouvernance.

En effet il vous souviendra qu’au printemps 2002, le parti monolithique du RPT a connu deux séismes de magnitude 6 qui ont provoqué de profonds  remous en son sein et dans la population.

 Il s’agit de l’interpellation   des membres du comité central du RPT par «  l’apprenti chrétien » Maurice PERE  dans une note circulaire où il dénonçait les méthodes du régime qui affame, tue, et qui refuse de s’ouvrir à la démocratie, s’enfermant ainsi dans un centralisme désuet ayant pour doctrine l’obligation pour tous de regarder dans une même direction.

Il a été traité de fou par le pouvoir et fus soumis à des interrogatoires musclés à la police, à la gendarmerie, et devant le Collège du  Comité central du RPT, avant d’être exclu plus tard du RPT avec son ami Agbéyomé KODJO

 Les populations de sa circonscription électorale furent contraintes  de  lui denier le droit de les représenter à l’assemblée nationale oubliant que le mandat du député ne s’éteint en cours de législature que par la  dissolution du Parlement.

Le pouvoir a décidé de répondre « à l’ingrat » qui veut scier la branche sur laquelle il s’était assis.  Pour toute réponse à une requête d’orientation réfléchie de la politique conduite par le pouvoir,  un assemblage mal articulé de jurons a été préparé pour exécuter politiquement Maurice PERE.

Tous les membres du Comité Central du RPT furent invités à parapher cette réponse inappropriée au diagnostic posé par ce fils de BOHOU. Agbéyomé KODJO alors Premier Ministre refuse de s’associer à cette imposture, et exige l’ouverture d’un débat de fonds sur  les faits révélés par son ami  et dont la pertinence est reconnue en privé par la majorité des barons du sérail.

A partir de ce refus Agbéyomé KODJO subira à son poste de Chef de Gouvernement toute sorte d’avanie y compris des menaces de mort.

  Il dut remettre sa démission et   publier à son tour un pamphlet intitulé « IL EST TEMPS D’ESPERER »dans lequel il projeta des phares sur les  graves dérives et les dysfonctionnements qui rendent inopérantes les institutions d’une  République, asservie.

Ainsi va s’ouvrir devant Mr Agbéyomé KODJO un long chemin de croix où il sera contraint en exil, et couvert des mois durant d’opprobre et de toute sorte de dénigrement destinés à l’achever politiquement.

Apres l’échec des tentatives de son extradition sur la base d’un mandat d’arrêt international illégal rejeté par le Tribunal de Grande Instance de Paris, les laborantins du mensonge et experts dans l’art de manipuler, pour plaire au Prince chercheront à mêler l’Ancien PM au trafic de drogue pour lui enlever ses derniers soutiens dans les capitales occidentales, et dans l’opinion.

Agbéyomé KODJO aurait cédé un hangar du Port de Lomé à un narcotrafiquant colombien, ce qui ferait  de lui un trafiquant de drogue, une manière malhabile d’exonérer le pouvoir des accusations internationales dont il faisait l’objet en la matière. On ignore tout de cette transaction imaginaire conclue avec un Colombien quia tout l’air d’un Marsien

Les accusateurs  de l’ancien PM avaient oublié qu’aucune cession immobilière ou foncière au Togo  à un étranger ne peut avoir un dénouement légal sans un décret présidentiel. Voila qui a le mérite d’été clair. Cette  nouvelle accusation a volé en éclat.  

Décidément Agbéyomé a dû mal à endosser le costume de délinquant qu’on voudrait à tout prix lui tailler.

 Maintes tentatives d’assassinat n’ont pas manqué pour le faire taire à jamais.

Des confrères par appât de gain facile opérant dans des bataillons de  la conspiration se sont donnés à cœur joie pour participer à ce festin du faux en faisant écho de ces accusations fallacieuses dans les services et les foyers  pour justifier toutes les persécutions dont Agbéyomé KODJO fut victime.

Ceux là même qui se vantaient de son amitié ont préféré participer à cette sale guérilla au mépris des exigences éthiques  de notre profession dès lors que le natif de TOKPLI  est devenu le sésame, le  mot de passe indispensable pour faire fonctionner les distributeurs automatiques des billets de banque, installés au cœur du pouvoir.

Hélas la vérité étant  sa propre défense Mr Agbéyomé survivra à ses détracteurs au prix de nombreux sacrifices déchirants, qui ont ponctué  sa traversée de désert notamment la disparition de ses parents, pour lesquels  le pouvoir n’eut aucune compassion, et poussa le cynisme jusqu’à lui interdire le retour au pays dans ces circonstances particulièrement douloureuses.

 Pour preuve il fut refusé à Mr Agbéyomé  par trois fois  le droit d’honorer de sa présence  la mémoire de ses parents. Peut on faire silence de la profanation de la dépouille mortelle de son père, par des agents de service de sécurité le 7 Février 2004  sur le chemin de l’inhumation à TOKPLI?  De quel droit un mortel puisse soumettre son frère à des pareilles ignominies ?

 Intrépide il regagnera le Togo le 8 Avril 2005, après trois années d’exil répondant ainsi à l’appel  lancé par  le  Chef de l’Etat aux enfants du Togo où qu’ils se trouvent à regagner le pays  pour la reconstruction de la Nation, ce  après s’être assuré des garanties  de  sa sécurité données par le pouvoir au Doyen BONGO.

C’est sans compter avec l’intraitable cynisme et la mauvaise foi du système en place, qui n’a trouvé de meilleure opportunité après son fiasco judiciaire en France de le  mettre aux arrêts.

 La suite de cette rocambolesque et illégale arrestation c’est avec grand émoi que les togolais et la communauté internationale devaient  l’apprendre sur les medias nationaux et internationaux.

La montée au créneau des organisations de défense des droits de l’homme pour dénoncer son arrestation et son  transfert  nocturne manu militari  à la prison de Kara où il subit de nombreuses humiliations, que par pudeur la victime se refuse à raconter dans le menu détails, a permis au monde entier de connaître l’enfer sur terre dans lequel l’ancien serviteur de l’Etat est reclus dans le silence.

Nonobstant cette protestation internationale l’Ancien Premier Ministre sera  illégalement détenu jusqu’au 26 Avril  2005 jour de son procès devant la Chambre d’Accusation délocalisée pour la circonstance pour éviter la colère des populations de Lomé.

Au cours de cette audience la défense de l’inculpé fut assurée pour des avocats internationaux venus de France du Sénégal, du Niger et un groupe d’avocats nationaux conduits par Me Martial AKAKPO.

Au cours de cette audience où la foule scandait « libérez Agbéyomé » la preuve fut apportée par la défense qu’il s’agit d’un procès politique car la BOAD et l’AFD ont récusé les mensonges de détournement des crédits qu’elles ont consentis au Port dans le cadre de sa politique de réhabilitation et de modernisation.

Le 10 Mai 2005, la Chambre d’Accusation dans son arrêt stipulera que le délit reproché à l’Ancien Premier Ministre relève du domaine de l’impossible ordonnant ainsi sa libération immédiate  et le  classement définitif du dossier.

Cette décision viendra révéler le grand sens de l’honneur au cœur  de la République qui par sa propre alchimie fera appel de la sentence prononcée par la cour d’appel pour satisfaire ceux qui tiennent à défendre la mémoire du père de la Nation selon l’expression de François BOKO, ancien Ministre de l’Intérieur. Il ne retrouvera sa liberté que le 8 Juin 2005 grâce à la générosité du Chef de l’Etat dans le cadre de sa politique d’apaisement. Excusez du peu !!!!!!!!!!!!!

 Mr BOKO aujourd’hui avocat  au Barreau de Paris, ne risque pas être démenti par  l’aveu qu’aurait fait le Procureur Général, garant des libertés publiques  aux avocats du  Premier Ministre Agbéyomé, « l’inculpé  n’a commis aucun délit, nous avons été  simplement chargés de lui taper un peu sur les doigts pour sa rébellion contre le Président Eyadema. »

Voila des propos  qui posent  fondamentalement, le problème de l’indépendance de la magistrature qui semble être  un  jouet au service du Prince. Elle est souvent utilisée pour des règlements de comptes politiques et cette affaire Agbéyomé KODJO en est une brillante et une énième illustration.

Pour preuve  le Président de la Chambre d’Accusation et ses Conseillers qui ont rendu l’arrêt du 10 Mai,   aurait  écopé au lendemain de cette décision des sanctions administratives, à titre  de mutation à la Chambre matrimoniale.

Comment ne pas s’étonner du fonctionnement de la justice togolaise dans cette affaire où le dossier de l’instruction jusqu’à l’inculpation du prévenu est demeuré désespérément vide, ouvert sur la promesse des pièces à conviction, jamais fournies d’un audit qui par ailleurs ne retient aucune charge contre l’homme à abattre, une  commission rogatoire lancée sans fondement légal ,un doyen des juges d’instruction qui confond les délits et les crimes,  refuse au prévenu  la présence de son avocat , la confrontation avec les dirigeants des banques en cause, tout aussi préoccupé qu’il était  de délivrer rapidement un mandat de dépôt, pour réduire au silence du cachot un adversaire politique encombrant.

Entre les incantations politiques chantant la détermination des gouvernants à construire un Etat de droit au Togo, à assurer l’indépendance de la magistrature et les décisions rendues par nos tribunaux il existe malheureusement  un écart abyssal qui pose la problématique d’une justice libre et indépendante du pouvoir politique.

Vraiment Agbéyomé revient de loin, mais n’est certainement pas encore parvenu à la 14ieme station de son chemin de croix. Jusqu’à ce jour et ce malgré toutes les démarches effectuées auprès du Chef du Gouvernement, l’appel au respect de ses droits s’apparente à des cris lancés dans un désert.

Comment comprendre que de tous les Anciens  Premiers Ministres du Togo seul Agbéyomé KODJO se voit refuser le règlement de ses droits liés à son statut d’ancien Chef de Gouvernement,
  si ce n’est cette récurrente et ignoble volonté d’accabler et de détruire  un adversaire politique fort gênant ?

Jusqu’où le pouvoir en place poussera t il le mépris de l’honneur  et des droits de ce grand serviteur de l’Etat Agbéyomé KODJO ? Avant qu’il ne soit trop tard pour l’honneur de la République il importe que le bon sens prévale, et que triomphe la justice.

 Il s’agit dans cette situation que le pouvoir respecte les principes  qui fondent la république et  qui se jouent des sentiments et des contentieux particuliers qu’il peut avoir avec un citoyen, ou un adversaire politique. Le droit et la justice sont les remparts de la veuve et de l’orphelin.

De toute les manières Agbéyomé KODJO entend faire respecter ses droits fut il au prix d’un procès à l’Etat auquel   il sera contraint.

Personne n’a le droit quelle que soit sa position dans la société de vouloir écraser les droits d’autrui pour satisfaire ses propres fantasmes mégalomaniaques.

Puisse cette pensée de SHAKESPEARE : faire écho dans le cœur de ceux qui nous dirigent « Si l’occasion t’est donnée de monter aie un minimum d’égard pour ceux qui descendent car inéluctablement tôt ou tard tu descendras………. » 

Gyslaine DRAVIE




Citations
Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. « Nelson Mandela



 

Tous droits reservés © infostogo 2004


www.conrad.de