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Lorsque les usurpateurs du pouvoir et les thuriféraires de tous genres clament partout aujourd’hui que l’armée togolaise est soudée autour du clan Gnassingbé, cette assertion ne trompe plus personne, si ce ne sont ceux qui font de ces flagorneries un vade mecum.
Le dernier rapport des forces armées togolaises à Kara le 26 décembre 2005, est une illustration de ce mensonge qu’on sert pour intimider le peuple qu’à loisir, on brutalise et martyrise.
Au nom de plus de 15.000 hommes en uniforme, une poignée d’individus, hautement inféodés au système et qui en réalité défendent leur panse que les intérêts du corps habillé, parlent au nom de celui-ci et l’associe à des déclarations outrageantes et insultantes.
La réalité est qu’au sein de l’armée togolaise, nombreux sont ceux qui se désolidarisent de la bêtise du clan, essentiellement les beaux frères, des parents et certains membres zélés de l’ethnie qui vaille que vaille, cherchent à entrer dans le dernier giron.
On a souvent comparé des désertions dans l’armée togolaise à un coup d’épée dans l’eau. Mais un adage populaire dit qu’à force qu’une goutte tombe au même endroit sur un rocher, elle finit par creuser un trou.
Du temps du dictateur Eyadèma, des cas d’officiers déserteurs ont été recensés. Le plus connu de ces cas fut celui du Colonel Biténéwé, mais depuis que ce dernier a été retourné, personne n’en parle et il ne représente actuellement que l’ombre de lui-même au sein de cette composante de notre société. Et le dictateur défunt et aujourd’hui ses héritiers, se vantent d’affirmer que ces déserteurs sont «des troupeaux perdus qui retourneront au bercail».
Cet orgueil ne doit pas occulter une réalité actuelle. De plus en plus de jeunes qui optent pour la carrière des armes sont instruits, qu’ils proviennent du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest du Togo. Ces jeunes comprennent plus que leurs aînés de l’armée qui ont eu leur galon à travers des actes de bassesse et de délation, que leurs intérêts, ceux de leurs familles et partant les intérêts du peuple sont parallèles à ceux des fils Gnassingbé.
Le sursaut patriotique de l’ancien ministre de l’intérieur le 22 avril 2005, asonné comme un glas pour le clan qui régente le Togo et qui voit à travers cette désolidarisation, non seulement une menace pour leur pouvoir, mais un clash au sein des forces armées togolaises. Et il voit du diable partout à travers des cauchemars. Car, en dehors des nombreux soldats de rang éparpillés dans les quatre coins du monde, étaient venus s’ajouter tout récemment de jeunes officiers de l’armée togolaise, qui, pour des raisons d’éthique et d’amour de la patrie, n’ont pas hésité à dispatcher autour d’eux, des valeurs républicaines qui incombent à toute armée d’une nation moderne.
Weissan kodjo Nyanyo Germain (photo) et trois autres de ses collègues font partie de ces jeunes intellos de la nouvelle génération de l’armée. Pour des raisons de sécurité, nous tairons pour l’instant les noms et les adresses de certains de ces jeunes lieutenants, connaissant la brutalité de réaction des affidés du pouvoir.
Le premier est entré à l’Ecole de formation des officiers des forces armées togolaises (EFOFAT) de Pya le 17 septembre 2001 sous le numéro 112. Après trois ans de formation dans cette école, il en sort sous-lieutenant en juillet 2004 et fut envoyé en France où il fit un stage d’Application en transmissions du 23 Août 2004 au 04 mai 2005. Rentré au Togo, le 05 mai de la même année, au lendemain de l’investiture de l’actuel usurpateur du pouvoir, il est envoyé à Kara pour former les élèves caporaux après quelques jours de congé. Il exerça dans cette région jusque dans la nuit du 8 juillet où il était obligé de fuir son pays et sa famille.
Le péché du sous-lieutenant Weissan et de ses collègues est d’avoir été en contact avec François Boko. On soupçonne même l’intéressé de distiller auprès de certains de ses collègues et dans les casernes des valeurs d’éthique et de démocratie. Mais est-ce une faute de faire comprendre à certaines brutes des Fat que la démocratie est le meilleur type de gouvernement?
Des soldats de la sous-région de l’Afrique de l’ouest, seuls les nôtres sont à l’image de notre population, démunis, très démunis, mais ils sont les plus aptes à suivre des ordres aussi sauvages et aussi inhumains soient-ils. Le sous-lieutenant ne cache pas d’ailleurs son amertume : «Aujourd'hui le Togo est un arbre qui refuse de grandir au milieu d'autres qui nous font de plus en plus de l'ombre. Nous en sommes directement responsables, nous les officiers, par ce que nous faisons. Par souci de préserver nos acquis, nous sacrifions le bonheur de notre population, qui compte aussi nos familles, et le bonheur de tous ces soldats qui pensent que si l’officier juge que ce qui se fait est bon, alors c’est bon pour tout le corps habillé».
L’école de formation des officiers de Pya s’apparente à une véritable secte dans laquelle on apprend aux élèves officiers à être loyal, fidèle et juste vis-à-vis du «gourou» qui a créé «l’armée à son image». Ils doivent défendre les intérêts du dictateur dès que sa survie au pouvoir est menacée. Même si on leur demande de servir la patrie à travers la Constitution, force est de constater que cette patrie est vite assimilée à l’Etat et à celui qui l’incarne.
Avec cette multitude d’officiers, sous-officiers et soldats qui font désertion, le clan n’est-il pas entrain de siller l’arbre sur lequel il est assis?
Le recrutement actuel dans l’armée ne peut en rien rassurer ces thuriféraires falots du RPT, car les expériences de ces officiers déserteurs et les formations qu’ils ont suivies dans de grandes écoles européennes, ne peut suppléer le zèle des miliciens de la période ante et post électorale qu’on cherche à intégrer pour service rendu, malgré la nécessité de la réforme qui s’impose.
Nous ne le dirons jamais assez. La monarchie fait trop de tord aux togolais et ce calvaire n’est pas à son terme, au regard de l’entêtement de celle-ci à se maintenir au sommet de l’Etat avec la bénédiction d’une partie des corps habillés.
Mais les consciences, telle une traînée de poudre, se réveillent dans les casernes. Le réveil risque d’être un cauchemar pour ceux qui se croient au-dessus de la loi.
Nono Mitonyawo Rédaction Etiame.com
Source: http://www.etiame.com/etiame7.htm
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