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« C’était trop évident. C’était l’austère simplicité de la fiction plutôt que la trame embrouillée de la réalité. »
Raymond Chandler, le grand Sommeil (The big Sleep), 1939
On ne peut qu’hésiter entre rire, pleurer ou se mettre en colère après avoir lu l’entrevue que M.Harry Olympio a accordée dans la « clandestinité » au journal Forum de la Semaine du 3 mars à propos de ses soi disant mésaventures suite aux mystérieuses explosions de cocktails Molotov à Lomé…
Tiens, tiens! M. Harry Olympio découvre tout un coup, comme par magie, toutes les bassesses et les atrocités de ce régime illégitime qui n’est que le prolongement de celui qu’il a servi avec zèle pendant plusieurs années. Il faut croire que le cynisme et la cupidité du personnage l’ont longtemps enveloppé dans un épais nuage qu’il n’a pas su mesurer ni entendre la souffrance de ses frères togolais. Véritable opération de règlements de compte au sein du RPT et de ses partis satellites, cet épisode vient révéler une fois de plus, non seulement, le malaise socio-politique dont souffre le pays, mais aussi la description du modèle d’ascenseur social qui a fait de M. Harry Olympio ce qu’il est aujourd’hui c'est-à-dire rien moins qu’une hideuse création de Eyadema et de sa dictature. Le Monsieur n’a que ce passé là, sombre et plein d’intrigues, de manipulation et de sadisme pour tout pedigree. Il n’est que rattrapé par la vérité de ses actes et de ses pratiques. Il lui faudrait trouver mieux pour espérer une quelconque sympathie du peuple togolais. Dans tous les cas, qu’il soit aujourd’hui dans la clandestinité ou pas, nous lui souhaitons bonne chance. Qu’il prenne soin de lui pour qu’en lui, reste vivace le souvenir des milliers de victimes du régime ignoble qu’il a servi.
Quant au fond de cette non affaire de « bombes », toutes les hypothèses sont envisageables…Nous n’allons pas perdre notre temps sur cette manipulation inter rptiste pour démêler le faux du faux. Tout compte fait, ce vrai faux complot, tout comme le vrai faux coupable, n’a même pas eu le mérite de détourner, ne serait-ce que pendant quelques instants, l’attention et la colère qui portent sur les vraies et épineuses questions. En tout état de cause, cette déplorable spéculation, conséquence de la déliquescence du régime n’a soulevé que l’indifférence d’une population de plus en plus néopessimiste quant à son avenir. Et c’est l’essentiel qu’il faut retenir.
Canada le 5 mars 2006
Didier Noudoda
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