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FESTIVAL DE MUSIQUE TRADITIONNELLE TEM« FESTÉKPÉ »: UNE MISSION QUI SIGNE LE DÉBUT DE LA PHASE DE RÉALISATION. |
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| Publié le 13.06.2008 à 15:36 |
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De notre envoyé spécial Affoh AKPO Comme précédemment annoncé dans le Communiqué de Presse en date du8 mai 2008, une délégation de l’organisation promotrice du FESTIVAL de la musique traditionnelle Tem ( FESTEKPE ) s’était rendue du 8 au 24 mai dernier au TOGO. Cette délégation conduite par le Coordinateur Général du Projet Mr. Bassirou AYÉVA, avait pour mission essentielle de: 1-prendre contact avec toutes les personnes et institutions concernées par ce projet de promotion culturelle, 2-mobiliser les ressources humaines et intellectuelles pour la réalisation du projet, 3-informer les populations togolaises dans leur ensemble et plus singulièrement celles des zones géographiques couvertes par le festival, 4-approcher des sponsors potentiels et parallèlement, collecter des éléments vidéos et audio sur tout ce qui a trait à la musique Tem. Dans la capitale togolaise, Lomé, les membres de la délégation ont d’abord rencontré les responsables du Comité technique local dirigé par MM.Tchakala Mohamed et Bodé Tchakoura avec qui, ils ont ajusté le programme de la mission. Celle – ci a été inaugurée par des rencontres individuelles avec les ressortissants Tem ou non, impliqués dans le projet ou intéressés par le développement de la culture au Togo. S’IMPRÉGNER DES RÉALITÉS DU TERRAIN À TRAVERS DES RENCONTRES Ces rencontres avec les hommes politiques, les hommes d’affaires, les chargés de cultures, des journalistes, certaines autorités religieuses, leur ont permis de prendre le pouls de l’acceptation de l’idée de création de ce Festival. Elles ont en outre permis à la délégation de s’imprégner des réalités du terrain, de recueillir divers avis. Ainsi les membres de celle - ci en sont-ils ressortis confortés de la justesse de l’idée de création de ce projet culturel en pays Tem, à l’heure où, comme l’ont reconnu tous les interlocuteurs, “ la riche et très variée culture de cette zone s’éteint à petit feu, pour diverses raisons. Parmi celles – ci, il y a les préjugés religieux. En effet, ils ont fait remarquer à l’intention de la délégation des promoteurs du festival que l’interprétation erronée des percepts religieux par certains prédicateurs, amène les populations de certaines villes à abandonner certains rites ancestraux, certaines musiques et certaines danses supposés incompatibles avec la pratique religieuse…Le pays Tem n‘échappe hélas pas à cette regrettable tendance… « C’est ainsi ont – ils conclu que le peuple Tem perd chaque jour sa culture, son âme…» Même son de cloche à Sokodé où la délégation est arrivée le lundi 12 mai. Au cours de visites au Maire de la ville M. Alassani Tchakpédéou, au préfet, au président du Conseil de préfecture, au Chef spirituel, El Hadj Iassa Touré, Malouwa Ouro, au régent du trône du chef supérieur Tem, M. Abdel Latif AYEVA, ainsi qu’au chef canton de Kpangalam, la délégation a encore réalisé que le projet de Festival venait à point nommé pour sauver le patrimoine culturel Tem menacé d’extinction ou simplement de disparition. Après avoir évoqué les mêmes inquiétudes, voire des craintes de ne laisser aucun héritage culturel aux générations qui succéderont, toutes ces personnalités visitées ont salué et encouragé l’initiative et promis de se battre pour son succès. À toutes ces personnalités, M. Bassirou AYÉVA, chef de la délégation, a tenu à dire ceci “ En fait notre projet a un double objectif, à savoir celui de nous approprier de notre culture et celui de la faire connaître, apprécier et partager par d’autres peuples non seulement au Togo ou en Afrique, mais dans le monde entier. Nous avons, a – t- il ajouté, la chance d’être doté de plusieurs variétés de rythmes et de danses, pourquoi ne pas les valoriser s’est – il demandé. ?” Le tour des personnalités et l’écoute des anonymes ou de certaines personnes de la rue a été abrégée pour se préparer à la conférence de presse du mardi 13, à l’hôtel Central de Sokodé. SOKODÉ PRÊT POUR LE FESTIVAL En début d’après- midi de ce mardi 13 mai, les chefs de cantons, de villages, de quartiers ainsi que les journalistes des radios, presse écrite locales et des correspondants des télévisions basées à Sokodé ont commencé par prendre d’assaut la grande salle de Conférence de l’Hôtel Central de Sokodé rénové il n’y a pas si longtemps. Dans la foule de participants à cette rencontre, on notait la présence effective du Préfet de Tchaoudjo, du maire de la commune de Sokodé M. Alassani Tchakpédéou et son homologue de Bafilo, le député – maire Aboubakar Bah – Traoré, et bien sûr, des hommes de culture, et des journalistes. Le Festival étant dénommé FESTÉKPÉ en référence au rythme Kétékpé, il était normal qu’un groupe de ce genre musical donne un avant goût de ce que sera cette fête de la musique. Ce qui a évidemment attiré une foule de mélomanes et de curieux. Peu après 15. 30, le modérateur de la cérémonie, M. Gado Bozinambo, annonce l’ouverture de la Conférence de presse. Il passe la parole à M. Mohamed Tchakala, qui après avoir remercié les participants venus des préfectures d’Assoli, de Tchaoudjo, des cantons de Kri – Kri, de Fazao et de Djarakpagan, a situé les raisons de la rencontre, rappelé la genèse du projet, et évoqué le travail de sensibilisation et de recherche accompli sur le terrain par l’équipe technique constituée de compétences pluridisciplinaires recrutées dans tout le pays Tem. Il a ensuite énuméré toutes les phases du travail qui reste à accomplir d’ici la tenue du Festival prévue pour la deuxième quinzaine du mois de décembre 2008, soit du 20 au 27 décembre plus précisément. L’assistance a eu droit à un intermède musical du groupe Salami Bingbabou. Par la richesse de ses chansons aux thèmes tirés du quotidien fait de douleur, de tristesse et parfois de rêve ou de bonheur, par ses propos imagés et pétris de proverbes ancestraux, ces artistes ont failli détourner la suite du programme, tant les participants à cette séance n’auraient pas boudé leur plaisir de les écouter, de se laisser emporter par ce rythme magique qui vous arrache des pas de danse et ce timbre vocal qui vous transperce le coeur. Vint le tour du coordinateur du projet de s’adresser à l’assistance. « À la place du terme de conférence de presse, a- t – il fait remarquer, j’aurais préféré que nous considérions cette rencontre, comme une réunion de famille, comme des retrouvailles. Je m’attendais à des questions du genre pourquoi un festival de musique traditionnelle alors que nous avons faim, alors que nous n’avons pas de routes, alors que nous n’avions pas d’écoles et d’hôpitaux dignes de ces noms. Tel n’a pas été le cas. Vous avez compris, que le développement de notre zone géographique, de notre pays peut également passer par la sauvegarde et la promotion de notre patrimoine culturel. Vous avez compris que grâce à la promotion de notre musique riche et variée, à celle de notre artisanat, et de notre histoire, nous pouvons transformer la zone Tem en pole touristique… Votre adhésion à ce projet qui est le vôtre et qui reste ouvert à toutes et à tous, Tem ou non, sans distinction aucune, a – t – il poursuivi, est pour nous un réel réconfort et une source de stimulation, a ajouté l’orateur avant de remercier toute l’assistance et plus particulièrement les chefs traditionnels garants des traditions.» M. AYEVA a présenté ce qu’il a appelé les trois phases du projet, à savoir: « - le forum scientifique, occasion offerte aux chercheurs, historiens, anthropologues, ethnologues, linguistes, sociologues, sages ou anciens du terroir Tem ou non de revisiter l’histoire et la vie de cette société, - la prestation de tous les genres musicaux et de toutes les danses Tem et la tenue d’une compétition des groupes Kétékpé. Nous avons choisi d’organiser une compétition de Kétékpé parce que, a dit l’intervenant nous voulons promouvoir ce rythme dansable par tous, comme l’est le Zouglou ivoirien, le makossa camerounais ou le soukous congolais. Nous achetons ces produits musicaux, nous les dansons sans comprendre un seul mot de leur message, alors pourquoi ne pas moderniser le Kétekpé ? Pourquoi ne pas le faire connaître par d’autres Togolais, des Africains et tous les mélomanes du monde … » s’est – il interrogé. Après s’être longuement étendu sur les aspects techniques et financiers du projet, l’orateur a invité tout le monde à devenir acteur de sa réalisation. Une réalisation que TOGO KULTURE PLUS voudrait “ fête populaire”. Puis s’en est suivi la série de questions réponses. Journalistes ou non, tous ceux qui avaient des éclaircissements à demander ou des contributions à apporter ont eu droit à la parole. Et la rencontre s’est achevée à la satisfaction de tous. Les discussions et les félicitations se sont poursuivies sous les manguiers de l’Hôtel où a été offert un rafraîchissement et où a pu se produire à la grande joie des présents, le groupe de musique KÉTÉKPÉ. RÉVÉLATRICE ÉTAPE DE BAFILO Révélatrice, cette étape de Bafilo l’aura été à plus d’un titre, du fait qu’elle a permis aux émissaires de « TOGO KULTUR PLUS » de découvrir des artistes qui se meurent. D’un côté, un artiste polyvalent désillusionné, sans soutien ni reconnaissance. Cet artiste chanteur et cinéaste a fait le déplacement de l’Hôtel Massa Isso, cadre de la rencontre, avec une bobine de son court métrage sous les bras, et une maquette de chansons dans son sac. Comme pour demander du soutien et manifester son espoir. De l’autre, cinq artistes d’un certain âge, désillusionnés, mais aussi amers. Très amers. Ces artistes sont les flûtistes de Bafilo, „ Foissi „ de leur vrai nom. Un groupe désabusé. Deux fois, ils ont représenté le Togo à des festivals de musiques traditionnelles en France et en Allemagne. Deux fois ils ont obtenu le premier prix et de la reconnaissance à l’extérieur. “ Mais chez nous, comme ils ont dit, pendant la rencontre, nous ne représentons rien…nous ne vivons pas de notre art. Nul ne nous reconnaît…Et nous nous demandons à qui passer le flambeau après … Notre sort s‘inspire aucune relève…” Cette réflexion est révélatrice. Tout comme l’est l’état d’abandon que vit le cinéaste chanteur. « C’est, devrait dire le Coordinateur du Projet, pour cette raison fondamentale que nous avons initié ce projet. Notre société devrait manifester de la reconnaissance et du respect à ses artistes. L’État devrait développer une politique cultuelle qui encourage la création artistique… » Après avoir expliqué les contours du projet et remercié les membres du Comité technique de Bafilo pour le travail impressionnant qu’il ont réalisé depuis la naissance de l’idée de ce projet, l’orateur devrait adresser ses remerciements spéciaux au régent du trône de Bafilo, le Chef Iratéi qui a fait le déplacement de l’Hôtel pour saluer la délégation et lui manifester une fois encore son entière disponibilité. Quant au second bénéficiaire des remerciements, il s’agit du député – maire de Bafilo. Outre le fait qu’il était à la conférence de presse de Sokodé, il avait également fait le déplacement de l’Hôtel et avait offert aux participants un déjeuner au menu très authentique: le Wassa – Wassa, couscous traditionnel en pays Tem, produit rare, fabriqué à partir de l’igname. Une émission à la radio de Bafilo, et une visite au centre des tisserands mirent fin à cette étape. La parfaite organisation de ces deux premières étapes, l’engouement et l’adhésion des populations sont des signes avant coureurs du succès qu’allait connaître l’étape de Lomé, l’apothéose. LOMÉ: UN LANCEMENT RÉUSSI Journalistes nationaux et correspondants étrangers, des femmes et des hommes de l’industrie de la musique et du monde de la culture. Des invités triés sur le volet dont un ministre en fonction originaire du pays Tem, M. Folibazi- Katari, un ex – ministre de la Culture M. Horatio Freitas, ainsi qu’un représentant du ministère de la Communication et de la Culture, M. Assoun Désiré telle se présente la panoplie de privilégiés qui ont participé à la conférence de presse de lancement de FESTÉKPÉ, à l’Hôtel Excellence de Lomé cet après midi de samedi 17 mai 2008. 15 heures, la percussion du groupe Kétékpé de Casino transperce le ciel ensoleillé de la capitale. Entre les vrombissements des moteurs venant des rues toutes proches, le son des instruments et les voix des chanteurs partant des pieds de l’immeuble abritant l’hôtel démontre à ceux qui ne le savent pas, ce qu’est le rythme Kétékpé. Les passants esquissent des pas de danse. Irrésistible et ensorcelant rythme, un petit attroupement se forme pour admirer les artistes, qui hélas se déplaceront avec leur rythme, et leur mélodie pour se reproduire au quatrième étage où a eu lieu la cérémonie de lancement du Festival. Il est plus que 15. 30 quand M. Awoku Raymond, maître de cérémonie ouvre le bal. Salutations d’usage et brève présentation des raisons de la tenue de la conférence de presse. Il passe la parole à M. Bodé Tchakoura. Dans un exposé assez fouillé et bien documenté, celui –ci devait déplorer le poids négligeable ou inexistant des échanges internationaux de biens de services culturels des pays du sud et particulièrement ceux de l’Afrique Sub- Saharienne. M. Bodé s’est ensuite étendu sur la richesse du patrimoine Tem avant de passer la parole au Coordinateur du projet, M. Bassirou AYEVA. À son tour, celui-ci a remercié une fois encore l’assistance et surtout les journalistes venus nombreux pour relayer l’information relative à la naissance de ce projet culturel. L’intervenant devait ensuite entretenir l’auditoire sur le concept qui sous- tend ce projet. À ce propos, il a parlé de la genèse du projet, du promoteur, qui a – t – il indiqué est « Togo Kultur Plus », un nom d’association qui a – t – il noté, à lui seul évoque la volonté de ses initiateurs d’oeuvrer pour la promotion de la culture togolaise dans son ensemble. Il en est venu à situer l’assistance sur le déroulement du Festival, les objectifs et les moyens, tant au niveau des ressources humaines, des moyens financiers, que des moyens techniques. M. AYEVA a manifesté la volonté de conclure des contrats de partenariats, avec des institutions telles que l’Unesco, la Francophonie, l’Institut Goethe, les organes de communications nationaux et étrangers, ainsi que de recourir à des fonds propres, des sponsoring, au mécénat et à diverses activités pour boucler le budget du Festival qui s’élève à des dizaines de millions de francs Cfa. Il a enfin annoncé le choix d’une marraine en la personne de Mme Ilse Fliege, Consul du Togo à Brème, Hamburg et Schleswig – Holstein. Vu la volonté des participants à poser des questions ou à apporter des contributions, ou des félicitations, la parole fut ensuite donnée en priorité aux journalistes. Ceux – ci permirent par la diversité de leur interventions aux promoteurs du Festival d’apporter des réponses ou de mieux expliquer certains points. Enfin, certaines personnalités présentes dans la salle ont apporté leur soutien au projet et fait des propositions. Cette séance on ne peut plus réussie s’est achevée sur des notes de KÉTÉKPÉ et sur un rafraîchissement au cours duquel il y a eu de nombreux échanges. L'étape de Lomé se sont dits les membres de la délégation et les témoins de la manifestation consacre la nécessité, la viabilité d'un tel projet et projette ses promoteurs dans une phase pratique. Comme quoi, il n'est pas permis de décevoir toutes les attentes observées sur le terrain, et celles susciter au sein de la diaspora. Lomé, 24 Mai 2008 Affoh AKPO www.togocultureplus@yahoo.com Mail :festivaltogo@yahoo.fr
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