LE ROYAUME DE FOIRE (Un poème de M. Ali Akondoh) |
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| Publié le 07.08.2007 à 16:10 |
| Poésie >> |
L´aurore dévore peu à peu les ténèbres Derrière les portes de désespoir accumulés Pourtant nos nuits demeurent noires Nuits noires de mystère et de peur Nuits de poêles et de traumatismes Nuits Troubles d´un avril de sang. Ici le suspens est long et pesant L´angoisse hante les esprits L´angoisse d´une fin probable de règne. Sans doute, la chute des seigneurs d´ombre Donne des nuits d´insomnies aux prédateurs.
Les électeurs ont donc été comptés Sélectionnés parmi les plus valides Dans les cimetières, dans les pédiatries À Soudou, à Bè, à Agombio, à Bodjè… Comptés comme du bétail dans un ranch Pour un vote. Le vote des « bêtes sauvages » Le vote des fœtus et des ressuscités. À quand aura-t-il donc lieu ce vote ? Sans doute pour longtemps encore Car ici le vote dans le royaume de Foire C´est comme une horloge de fou Le forcené la règle à loisir : Il l´avance quand cela arrange La retarde lorsque ça dérange. Au pays des forcenés régents, Le manège ne surprend guère ! Tant pis pour ceux qui crient la misère du peuple Le cœur éprouvé et les yeux larmoyants de pitié. Face au crotale, le bélier n´a plus ni langue ni cornes. Plongé dans les délices illusoires du jardin maudit, Il n´a pas du tout de mots ni d´oreilles pour nos maux. Pas de coassements de corbeaux Ni d´hululements de hiboux. Les volatiles nocturnes attendent. Ils attendent la sortie des prédateurs Pour se relayer dans leur chant Le chant lugubre de l´apocalypse. Dans cette vaste prairie aux parfums piégés Debout sur le carreau des oubliés Les agneaux se rendent plus prudents Ils s´imaginent l´avenir sans y croire Car les portes de l´abattoir restent entrouvertes Surtout dans le royaume où le bourreau est roi. Brème, Allemagne, le 6 Août 2007. Ali Akondoh
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