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Même les fous changent d’avis |
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| Publié le 23.10.2006 à 03:52 |
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La lutte pour l’avènement de la démocratie au Togo, lutte ouvertement déclenchée par ce que notre pays compte de noble : sa jeunesse, à qui nous rendons un vibrant hommage continue de vivre sa turbulence, conséquence de ce qu’on peut lui reconnaître : sa spécificité. L’âpreté du combat démocratique et la complexité des événements qui depuis 16 ans ont jalonné notre parcours doivent nous interpeller et nous inviter à plus de réflexions. En effet, depuis le 05 Octobre 1990, nous avons constaté l’adoption d’un langage dur et d’intolérance. Nous n’avons jamais accepté la demi-mesure. Notre mot d’ordre était « tout ou rien ». Tous ceux qui pendant cette période approchaient Eyadéma étaient considérés comme des pestiférés et voués aux gémonies. Ceux qui adoptaient une attitude d’adversaires politiques tenant un langage responsable dans un apprentissage de démocratie à l’égard du chef de l’Etat et de ceux qui gouvernaient notre pays étaient considérés comme des traîtres à la cause du vaillant peuple togolais. Nous n’avons nullement l’intention de jouer à l’avocat du dictateur défunt et de ses complices intérieurs et extérieurs qui ont causé tant de maux à notre pays. Il serait superflu de se mettre à énumérer les multiples crimes commis contre nos paisibles populations qui ne souhaitent qu’à mieux vivre. Nous voulons tout simplement, en tant que citoyens et observateurs de la scène politique, donner notre humble point de vue sur le haro de certains de nos compatriotes sur ceux de l’opposition traditionnelle, taxée à tord ou à raison de « l’opposition radicale » qui prennent part avec modestie et réalisme au dialogue national et qui ont aussi pris part à la fête nationale dont la célébration officielle a été réclamée depuis des décennies. Cette fête appartient à nous tous togolais et nul ne saurait prendre sa paternité. Nombreux sont des Togolais qui ont souffert dans leur cœur et dans leur âme à la suppression et à la mise en berne du jour de leur gloire. Quand sous notre pression et avec raison ceux qui ont privilégié la date de leur prise de pouvoir à celle de l’indépendance sont revenus à la réalité, nous ne pouvons que nous en réjouir. Il est loisible à tout togolais d’y prendre part où il veut, avec qui il veux, et surtout à ceux qui veulent aussi nous gouverner demain de choisir un ton d’apaisement. Nous n’avons que tropfait avec cet esprit de menace et de vengeance pour rien. Peut- on penser qu’après tant de souffrance de notre peuple, des Togolais continuent d’avoir encore des mots si durs contre ceux qui, en lieu et place de la résignation ou de la diabolisation de nos adversaires politiques ont choisi la voie de contact et de négociation? Nous sommes tous d’accord que c’est décevant et humiliant de revenir pour la 12ème fois à la table de dialogue avec en face, les mêmes qui, manifestement font preuve d’aucune volonté de concession et de changement en vue d’une amélioration des conditions de vie de nos populations. Mais qu’avez vous chers compatriotes à nous proposer après tant d’années de tergiversation politique, provocant l’errance de nos concitoyens, dans des situations, il faut le reconnaître, parfois intenables ? Sans parler de ceux que des violences, qui ont jalonné le règne de Gassingbé père avaient obligé à prendre la tangente pour sauver leur vie, Gnassingbé fils, depuis un an déjà a encore envoyé des dizaines de milliers de nos compatriotes hors de leur foyer. Plus de 40 000 Togolais : hommes, femmes, vieux, vielles, jeunes et enfants, croupissent dans le froid et sous la pluie, dans la chaleur torride, à la merci des reptiles dans des camps de réfugiés au Bénin et au Ghana, ainsi que sous les menaces des exactions permanentes des milices du RPT. Tenez, depuis 1992, vous avez évoqué des arguments fort pertinents pour refuser de prendre part aux élections présidentielles. En 1994, vous avez recommandé le boycott des législatives parce que le RPT avait miné le terrain de sorte que l’opposition ne gagnerait pas si elle y participait. Le résultat : c’est que le courage politique de deux partis de l’opposition les avaient poussés à tenter l’impossible, et ils avaient fait mouche. Le coup d’essai était devenu le coup de maître. Ils avaient obtenu la majorité parlementaire. Malheureusement la cupidité, l’orgueil et l’ambition personnelle de sa suffisance (Monsieur Edem Kodjo) avaient pris le pas sur les intérêts de notre peuple, et la victoire a basculé dans le camp du RPT. En 1998, à l’issue d’un dialogue très laborieux, les élections présidentielles ont été organisées. Le vaillant peuple togolais fidèle à son option : le changement, vota l’opposition en confiant la victoire à Gilchrist Olympio. L’éternel opposant ne s’est pas donné les moyens de sa prise de pouvoir. Un ultimatum et des menaces sans suite ont été servis au peuple désabusé. En 1999, sur les conseils de certains thuriféraires du RPT, l’opposition togolaise avait dans sa totalité boycotté les élections législatives, donnant l’occasion au parti du dictateur de réunir les voix nécessaires à la modification des textes constitutionnels votés par notre peuple en 1992. En 2003, l’opposition togolaise, à l’exception de la CDPA, participa aux élections présidentielles toujours organisées par le même pouvoir. Sur tout le parcours des élections, tant présidentielles que législatives, combien étaient-ils nos compatriotes, qui ont disparus, été abusivement maltraités, violés, handicapés à vie, ou tués ! Celui qui a conquit le pouvoir par les armes, saurait-il le remettre sur un plateau d’or à son adversaire qu’il soit noir, métis ou blanc ? Nous ne le pensons pas. Il appartient à notre opposition de réfléchir et de changer sa stratégie de conquête de pouvoir et surtout d’éviter de nous servir chaque fois de la surenchère. Comment comprendre que des gens qui vivent loin de nos frontières prennent le devant des élections et ne se donnent pas les moyens de leur victoire quand le peuple leur fait confiance? Curieuse UFC puisque c’est d’elle qu’il s’agit, doit pouvoir servir désormais autre chose au peuple togolais, qui de bonne foi, a toujours cru qu’elle constitue son seul salut. N’est- ce pas cette politique de chantage de l’UFC, de menace pour rien, d’ultimatum sans suite qui depuis 15 ans, nous a placés dans cet état d’immobilisme? Quand aurez-vous pitié de ce peuple que vous prétendez défendre ? Connaissez-vous le quotidien des togolais dans leur maison ? De grâce, nous ne vous demandons pas de faire du miracle, mais nous nous faisons le devoir de vous rappeler à une politique plus réaliste en revoyant vos rapports avec vos collègues de l’opposition en même temps qu’un peu d’efforts dans les discussions en cours. « Même des fous changent parfois de décision ». On ne va pas à une négociation ou à un dialogue en refusant des concessions. Tous les partis politiques prenant part à cet important rendez-vous de tentative de sortie de crise en rebondissement dans notre pays, doivent accepter de mettre un peu d’eau dans leur vin. Que le RPT, cesse de rouler le peuple dans de la farine et d’éviter de narguer les autres partis politiques. Le Togo notre pays appartient à nous tous. Nul ne saurait le gouverner en le monopolisant. Acceptons-nous, respectons-nous et concédons mutuellement, et nous politiques de tout bord, soulagerons certainement nos populations de la misère qui tend à s’éterniser sur la terre de nos aïeux. Faisons le bon choix pour que vive le Togo. Baba Souleymane
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