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Prochaine visite de Gilchrist Olympio au Togo : la peur de tout perdre ou le constat des dégâts ?

Publié le 23.10.2006 à 04:22
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M. G. Olympio Il est vrai que le peuple Togolais dans sa majorité a porté Gilchrist Olympio dans son cœur à un moment de l’histoire. Il n’est pas aussi faux qu’une grande partie de ces supporters de l’UFC sont déçus du comportement du premier responsable de ce parti. D’ailleurs au Togo n’identifie-t-on pas l’UFC par la personne de Gilchrist Olympio ?

Ce dernier est le produit d’Eyadéma pour ceux qui ont connu et suivi attentivement la politique de paix et de stabilité inventée et instaurée par le système Eyadéma. Toute gesticulation des patriotes Togolais constituant un danger pour le système d’Eyadéma était automatiquement attribuée à Gilchrist Olympio parce qu’il est beau de mentir sur celui qui est loin. Gnassingbé Eyadéma ne collait pas à Gilchrist Olympio toutes les vraies et fausses tentatives de renversement de son régime par fantaisie mais par stratégie pour insinuer que tout le peuple togolais du creuset national approuve et est satisfait de la politique du guide bien éclairé et que seuls les ennemis et les jaloux du Togo veulent ternir l’image de la politique du timonier national. Cette politique a bien marché pour Eyadéma pour polir l’image du système au niveau de la communauté internationale. La preuve est que ces tentatives n’ont pas bousculé le système en place jusqu’aux événements de masse d’octobre 1990 où le peuple togolais par l’intermédiaire de sa jeunesse a manifesté son ras le bol de la soi-disant politique de paix et de l’autosuffisance alimentaire, pendant que ce peuple subit des humiliations de toute sorte. Et comme tout ce qui de l’obscurité va vers la lumière finira par être découvert, les masques des deux protagonistes du Togo ont commencé par tomber. Pour Eyadéma, la stratégie de présenter toute contestation comme venant des ennemis du Togo a commencé par ne plus marcher.

L’union Européenne suspend la coopération avec le Togo pour déficit démocratique. La France n’ayant plus le monopole de décider la reprise de la coopération avec le Togo, Eyadéma se verra diminué et commencera à mourir à petit coup, car l’homme adore les prestiges qui ont fini par lui faire défaut.
Les événements de masse de 1990 corroborés par la conférence nationale souveraine ont façonné une autre image de Gilchrist Olympio. En effet à la faveur des mouvements de masse et de la conférence nationale il rentre au bercail en héro national après son départ en exile suite au coup d’état sanglant de son père Sylvanus Olympio, père de l’indépendance et de la nation, ou pardon tout simplement premier président démocratiquement élu (selon le bord où l’on se situe). Ce retour a permis au curieux de voir l’homme que quelqu’un (Eyadéma) présente soit comme son tombeur soit comme son ennemi juré). Si malheureusement le peuple togolais qui lui a apporté une admiration excessive et aveugle n'a rien obtenu en retour , par contre Gilchrist Olympio lui-même s’est vu grandi dans son ego par l’exploitation de la mobilisation que chacune de ses visites au Togo a suscité. Là où le bas blesse, c’est que les admirateurs de cet homme ne le connaissent pas vraiment, parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’apprendre à le connaître, car sous Eyadéma il n’était pas question ni de rencontrer le diable encore moins de lui accorder une occasion de développer ses idées pour ce peuple dont il se proclame être le chantre.

L’homme est maintenant connu ; il va au Togo quand bon lui semble. Il bavarde sur les antennes de chaînes internationales quand il estime que son peuple est dribblé parce que lui il n’a pas obtenu ce qu’il veut. Or le peuple togolais averti analyse et les déclarations et les comportements de ce politicien pour enfin découvrir que celui-ci n’est pas un humanitaire mais un homme d’affaires, car en affaires les sentiments ne jouent pas, seuls les intérêts comptent. Sinon comment comprendre que pour les présidentielles d’avril 2005 tous les partis politiques de l’opposition « vraies » se liguent derrière Monsieur Bob Akitani, le candidat de l’UFC pour défendre la patrie et que ces mêmes partis politiques soient taxés de satans du peuple togolais parce que ceux-ci ont compris que la politique menée par l’opposition togolaise n’a pas payé et qu’il faille revoir en baisse les exigences ? Comment comprendre que l’UFC accepte le principe et se dérobe lorsque le poste de premier ministre ne lui est pas attribué ? Est-il responsable de ne pas respecter la parole donnée ? Souvent celui qui ne respecte pas la parole donnée a des intentions cachées. La majorité du peuple a compris qu’à défaut de ce qu’on exige, il faut accepter le peu qu’on acquiert. Les partis politiques de l’opposition avaient mené jusque là la politique de tout ou rien sans avoir les moyens adéquats de leurs exigences. C’est ainsi qu’avec des réserves sur la pleine application de l’APG, le peuple togolais a poussé un soupir de soulagement parce que les menaces proférées jusqu’ici contre les agissements arbitraires du RPT n’ont été que du bluff.

Le prochain retour annoncé de Gilchrist Olympio, prétendu chef historique de l’opposition togolaise constituera un test de mobilisation ou de constat des dégâts causés par l’inconstance de son comportement. Sa politique n’a plus de substance et par conséquent cela risque de lui être fatal. Il était vraiment opposé à une personne. C’est la substance de sa politique et c’est Eyadéma. Eyadéma n’est plus. Le nouvel homme fort du Togo qui s’est imposé à nous est certes, le fils du premier. Mais celui-ci semble mettre de l’eau dans son vin pour qu’il soit buvable. En ne voulant pas ou ne pouvant pas se mettre en phase avec la nouvelle donne politique comme Amah Gnassingbé le vrai, le danger pour l’UFC de creuser sa propre tombe politique est évident. La prochaine visite de mobilisation des militants de l’UFC semble ne pas susciter d’engouement.
La manière de gouverner le Togo depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio en 1963 n’est pas à souhaiter même à un ennemi. Cependant les méthodes utilisées pour combattre le mal ont plus desservi que servi. Lire .."Mêmes les fous changent d'avis".
Les données ne doivent que changer de part et d’autre, car les uns ont compris qu’ils ont fait tant de mal à ce peuple que leur départ brusque ne peut pas leur garantir une seule nuit de sommeil. De l’autre, les forces voulant le changement n’enfonceront que le clou dans la plaie en ne voulant que tout ou rien et tout de suite. Lorsqu’un enfant veut sevrer sa mère de sommeil, lui-même ne dort pas. Le RPT semble enfin comprendre le sens et la portée de ce proverbe africain. Et nous ?...

La Rédaction

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