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Secrets de femmes: De quoi peuvent parler les femmes lorsqu’elles se retrouvent entre elles ? |
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| Publié le 17.11.2006 à 14:34 |
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Qu’elles soient intellectuelles ou non, mariées ou célibataires, salariées ou femmes au foyer, les femmes ont, à des degrés divers, des thèmes récurrents de discussion liés à leur propre condition socio-économique.
"Les femmes parlent trop !” “Elles passent tout leur temps à parler de futilités ", entend-on souvent. Ce que les hommes qualifient ici de futilités, ce sont les habits, les chaussures, les sacs à main et la coiffure. Bref, toute la panoplie de coquetterie que se mettent les femmes pour plaire aux hommes. Mais la coquetterie n’est pas pour autant le principal sujet de causeries féminines. Du moins pas pour toutes les femmes. Pour Mme M. H, secrétaire de direction dans un organisme privé, sur son lieu de travail, elle parle “ de tout avec les autres femmes, mais rarement du boulot, en tout cas ”. Un point de vue largement partagé par d’autres femmes à qui l’on a posé cette même question. Établir une distinction entre les femmes F. B, assistante sociale, fait néanmoins une distinction entre les femmes. Pour elle, les femmes n’ont pas toutes le même centre d’intérêt quand ils s’agit de causeries ou de confidences. Les problèmes diffèrent selon que l’on soit mariée ou non. “ Dans mon service, nous sommes presque toutes des mères de familles et ce sont les problèmes de foyer, les problèmes liés à la gestion de la famille qui dominent nos causeries. On est préoccupée par l’état de santé du mari ou des enfants lorsqu’ils sont malades ; on parle de scolarité, des relations avec les beaux-parents, de la tenue de la maison par la bonne, etc ”. Une autre femme de cette catégorie socioprofessionnelle, leader d’une association féminine et attentive aux problèmes de ses sœurs fait cette remarque : “ Au-delà de ces soucis créés par un mari volage et qui constituent apparemment un sujet de prédilection pour la gent féminine, les femmes salariées ont un autre problème qui apparaît dans leurs causeries, c’est la gestion du revenu des conjoints. Beaucoup de femmes se plaignent du fait que leur mari les laisse avec la quasi-totalité des charges tout simplement parce qu’elles ont un salaire. Ces femmes-là envient celles qui ne connaissent pas ces genres difficultés et lorsqu’elles se rencontrent, elles ne s’empêchent pas de faire état de cette situation ”. Les rapports avec les hommes demeurent, à des degrés divers, le point commun des causeries entre femmes. Qu’on le qualifie d’“ affaires de cœurs” ou de “déboires conjugaux”, ce sujet est omniprésent dans les mini conférences féminines. Martiale, employée dans une entreprise privée, qualifie les déboires conjugaux des femmes d’épidémie qui s’abat sur les femmes d’aujourd’hui ; pour se consoler, elles sont obligées d’en parler. “Au boulot, on est entre collègues mais on crée aussi des liens d’amitié et, là, ce qui revient constamment dans les causeries ce sont les “ affaires de gars ”. On se donne des conseils pour gérer les difficultés qu’on rencontre dans notre vie sentimentale ”, ajoute-t-elle. L’influence des magazines et revues spécialisés Les femmes célibataires indépendantes n’ont pas les mêmes préoccupations que les travailleuses qui ont un mari et/ou des enfants. A part les aventures et mésaventures avec les hommes, cette classe socioprofessionnelle s’attarde aussi sur les nouveautés des magazines féminins et les difficultés d’ordre familial. Comme tient à le faire savoir A.B, ce n’est pas parce qu’on est célibataire sans enfant qu’on ignore ces problèmes. “ On est en Afrique et toute personne qui travaille à des personnes à sa charge et cela nous préoccupe ”. De quoi parlent les ménagères ou les femmes au foyer ? Y a-t-il une grande différence entre cette frange de la population féminine et celles dont on vient de parler, quand il s’agit de bavardages entre femmes ? « A mon avis, pas tellement, dit Émilienne qui trouve tout de même que, la nuance réside peut-être dans le fait que les femmes salariées parlent de leurs revenus, de ce qu’elles en font tandis que les femmes au foyer ignorent ces choses. Elles sont dépendantes de l’argent de leur époux ». Le plus souvent, ces femmes au foyer sont entre voisines et amies. L’une d’elles affirme qu’elle n’aime pas trop causer avec ses voisines mais quand cela arrive, “ elles parlent souvent de la cherté des denrées alimentaires, des cas de décès…Mes voisines aiment faire des commentaires sur leur vie intime mais ces sujets ne m’intéressent pas du tout ”. Les commentaires sur sa vie sentimentale semblent être beaucoup plus l’apanage des filles et femmes libres d’après les autres. Celles-là n’ont aucune activité (avec toutes les contraintes possibles) et, toute la journée, passent leur temps, assises chez elles ou devant la porte, à papoter. Les thèmes dominants sont ici : les virées nocturnes avec tout ce qui les accompagnent, les derniers modèles d’habits ou de coiffure, les produits de beauté et particulièrement ceux qui sont meilleurs pour “ une dépigmentation réussie ”. “ Si tu écoutes ces filles, la plupart du temps, elles sont en train de critiquer une autre”, lance un couturier. Simples propos d’homme ou réalité ? En tout cas, ces femmes-là ont tendance à parler des autres, se raconter ce que fait l’autre, ses relations, ce qu’elle possède voire comment elle l’a obtenu. Les sujets d’ordre politique : un domaine réservé à l’homme Rarement, les femmes discutent entre elles de la politique ou de tout autre sujet lié à l’actualité. Si elles s’intéressent à ce qui se passe dans le pays, c’est beaucoup plus des faits divers. “ Les tchadiennes pensent que ces domaines sont réservés aux hommes ”, ironise une dame.
Se soucier des problèmes relevant de la vie conjugale ou familiale constitue la préoccupation principale des femmes dans la majorité de nos sociétés. C’est même une tâche noble si l’on se réfère à l’idée qu’en Afrique, la femme est le pilier de la famille. Si elles ne se concertent pas pour trouver des solutions à certains problèmes, que sera la société ? De même, ce qui rend la femme féminine, c’est la façon de s’habiller mais également certains éléments indispensables pour se rendre…coquette. Mais que cela devienne le centre de tous les intérêts, de toute la vie pose problème. Et les femmes donnent là des arguments de taille à ceux qui ne cessent de dire que l’Africaine ou la Tchadienne tout court n’a pas encore compris le sens de l’émancipation de la femme. Kadidja Toloumbaye @ cefod.org/tchad culture
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