Togo: Le hip-hop en a le vent en poupe |
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| Publié le 23.11.2006 à 00:52 |
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Par XINHUA Quoiqu'on en dise, le hip-hop au Togo a le vent en poupe. Le rythme, le message, le look des hip- hopeurs sont séduisants.
La musique (le hip-hop en particulier) incarne pour la jeunesse togolaise non seulement "les seules occasions de relaxation sociale" mais aussi les canaux vers une réelle réconciliation nationale. Le hip-hop est véritablement le creuset dans lequel se fondent et s'interpénètrent les différentes traditions togolaises; quoique ce nouveau monde musical qui tarde à se structurer est miné par divers maux qui sont fils de la tragédie politique que traverse le Togo depuis 15 ans. Des Black Syndicate (pionniers du mouvement hip-hop du côté de Lomé) fin 1985-1990 à la floraison d'artistes ou de groupes de nos jours tout en passant par la sortie du premier album dans ce genre musical (fruit d'une complicité entre Oro Below et Y.More), le hip-hop togolais s'est profondément métamorphosé. Bon nombre des textes des artistes togolais sont chargés surtout des thèmes de l'amour ainsi que des appels à la résistance devant les vicissitudes de la vie. L'évocation et l'invocation de Dieu y sont également très présentes, implicitement ou explicitement comme d'ailleurs dans toute la musique togolaise. L'auditoire du hip-hop sur la terre de B. Below semble cependant n'avoir que cure de cette particularité. En témoigne l'engouement de cette musique auprès des jeunes et peu à peu auprès des "adultes", lorsque le hip-hop vient à se marier avec les chants traditionnels (ce qu'on convient d'appeler "tradi- hip"), mieux avec les vieux succès de la chanson togolaise (remix). Toutefois, ces dernières postures musicales sont encore très peu empruntées par les artistes togolais. En fait, plus qu'un style musical, le hip-hop apparaît aux yeux de ses adeptes togolais comme un ensemble qui dépasse le contexte purement artistique : mode, mouvement et danse hip-hop en sont ses composantes. S'identifier à ce mouvement revient à faire sienne une certaine forme de "philosophie" qui a pour prétention non avouée de rompre avec le BCBG (Bon chic bon genre) des années 80- 90. Pourtant, les mordus (acteurs comme public) du présent genre musical ne voient pas toujours la vie en rose, tant leur joyau commun, touché par divers maux, semble être fugace et manqué de soins. Tout aussi internes qu'externes, ces maux sus-évoqués relèvent d'une part de la sphère artistique elle-même et d'autre part des tribulations du marché du disque togolais. Il faudra souligner l'"absence" de structures de production dignes de ce nom et accessibles financièrement à l'artiste moyen de hip-hop togolais. Dans un tel contexte, la promotion qui constitue la rampe de lancement d'une carrière dans le show-biz est tout simplement ignorée. Par conséquent, il n'est pas rare de voir un seul titre ou clip d'un artiste "trôner" ou passer à satiété sur les médias avant la sortie effective de l'album sur lequel il figure plusieurs mois plus tard. Trop souvent, les artistes ne touchent pas, sinon qu'une infime partie des redevances de la diffusion médiatique de leurs oeuvres. La méconnaissance de leurs droits d'auteur couplée à l'amateurisme dont fait montre la plupart d'entre eux constituent le terreau de la survivance d'une pareille anomalie. Par ailleurs, la piraterie musicale associée à l'étroitesse du marché discographique local suffisent largement à sceller le sort des "pauvres" artistes. Qui plus est, les Togolais consomment rarement les productions togolaises.
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